Environnement

La pollution de l’air plus mortelle que la cigarette, selon une étude de l’Université de Mayence

Olivier Cognasse ,

Publié le

Les chiffres produits par une nouvelle étude sur la pollution de l’air sont alarmants. Elle provoquerait la mort prématurée de près de 9 millions de personnes dans le monde chaque année et 67 000 en France.

La pollution de l’air plus mortelle que la cigarette, selon une étude de l’Université de Mayence
La pollution de l'air provoque maladies cardiovasculaires, respiratoires et cancers, sans parler du diabète et de l'hypertension.

Mieux vaut fumer que respirer ! Une affirmation à peine exagérée, si l’on en croit la nouvelle étude parue dans l’European Heart Journal, la revue médicale de la Société européenne de cardiologie. Le tabac qui fait 7,2 millions de morts par an dans le monde serait moins dangereux que la pollution de l’air, dont le chiffre annoncé est de 8,8 millions de morts prématurées.

Cette étude a été menée par des chercheurs allemands et chypriotes de l’Institut Max-Planck de chimie et l’université de Mayence (Allemagne). Elle combine des données sur l’exposition à la pollution de l’air ambiant et a permis aux scientifiques de construire un nouveau modèle statistique, Global Exposure Mortality Model, qui permet d’avoir une analyse plus poussée que celui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il s’appuie sur 41 études réalisées dans seize pays et combine des types de données qui sont les niveaux d’exposition à la pollution, la densité et l’âge des populations, la situation géographique et les effets sanitaires.

67 000 morts en France chaque année

En Europe, la surmortalité concernerait 790 000 personnes. La pollution de l’air serait à l’origine d’une surmortalité liée à des problèmes cardiovasculaires. Largement alimentée par les particules fines, elle engendre également d’autres maladies respiratoires, cancers, diabète, hypertension…

En France, cette étude annonce un chiffre de 67 000 morts prématurées contre 48 000 selon l’OMS. Un niveau qui la situe légèrement au-dessus du Royaume-Uni (64 000) et de la Pologne (58 000), mais en dessous de l’Allemagne (124 000) et de l’Italie (81 000).
Rapporté au nombre de décès par habitant, c’est toujours l’Allemagne (154 décès pour 100 000 habitants) qui domine ce sinistre classement devant la Pologne (150), les deux pays qui utilisent encore massivement le charbon. L’Italie (136) est également au-dessus de la moyenne de l’Union européenne (129), alors que la France (105) est en-dessous. Mais des pays comme la Roumanie ou l’Ukraine ont une mortalité supérieure à 200 décès pour 100 000 habitants.

Et pour ajouter à ce bilan anxiogène, notre confrère le Parisien a récemment effectué des tests dans Paris et publié ses résultats le 7 mars. Il en ressort que l’air du métro est 30 fois plus pollué que l'air en surface. Un problème soulevé il y a quelques années et pour lequel la RATP investit depuis 2016, 45 millions d’euros pour renforcer la ventilation et réduire les émissions du matériel roulant. Plus généralement, l’Europe et l’Etat ne peuvent plus restés les bras ballants face à cette crise sanitaire.

 

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