La politique énergétique de l’Union européenne est un échec

Selon plusieurs grands patrons d’énergéticiens européens, dont Gérard Mestrallet de GDF Suez, il est urgent que l’Union européenne modifie sa politique énergétique en offrant plus de visibilité aux industriels. Un appel lancé à la veille d’un grand sommet sur l’Europe de l’énergie.

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La politique énergétique de l’Union européenne est un échec

La politique énergétique de l’Union européenne est un échec. Ce message, le patron de GDF Suez, Gérard Mestrallet, le porte depuis plusieurs années. Cette fois-ci, il l’adresse à l’Union européenne à la veille d’un sommet européen sur le thème de l’énergie. Il est accompagné dans sa démarche par de grands patrons européens du secteur, en particulier ceux des allemands EON et RWE, de l’italien Eni et des espagnols Iberdrola et Gas Natural Fenosa. Dans une interview au

"Monde", il alerte les dirigeants européens sur la politique énergétique communautaire : "L’Europe est en train de détruire une partie de son industrie énergétique. Il est urgent de redéfinir cette politique, ses ambitions et ses moyens."

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Il y a deux mois, dans une interview à "L’Usine Nouvelle", le patron déclarait : "Toute politique énergétique compte trois grands chapitres : la sécurité d’approvisionnement, la lutte contre le réchauffement climatique et la compétitivité. La Commission européenne a insisté sur le changement climatique, très peu sur la sécurité d’approvisionnement et pas du tout sur la compétitivité. Du coup, aujourd’hui, la compétitivité se dégrade en Europe, les émissions de CO2 augmentent et le système électrique a été fragilisé."

Un système électrique qui marche sur la tête

Il faut admettre que le système électrique européen marche sur la tête. Les subventions massives aux énergies renouvelables et leur priorité d’accès sur les réseaux électriques ont dégradé la rentabilité des centrales à gaz. Dans le même temps sont arrivées sur le marché de grandes quantités de charbon américain à bas prix, délaissé outre-Atlantique en faveur des gaz de schiste. Résultat, les centrales à charbon fortement émettrices de CO2 tournent à plein régime, tandis que les centrales à gaz sont mises sous cocon. Dans son entretien au "Monde", le PDG de GDF Suez déplore : "Malgré le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, malgré la mise en place d’un marché du carbone, les émissions de CO2 du secteur énergétique sont récemment reparties à la hausse, en particulier en Allemagne."

Lors du sommet européen, l’un des sujets importants sera celui de l’exploitation des gaz de schiste. La compétitivité américaine obtenue grâce au gaz non conventionnel commence à menacer l’économie européenne… qui n’a pas besoin de cela ! Dans une interview aux "Echos", le commissaire européen à l’énergie, Günther Oettinger, explique : "Il faut rester ouvert et laisser les pays qui le souhaitent, comme la Grande-Bretagne ou la Pologne, développer des projets pilotes, à partir desquels on pourra construire une expertise européenne." En France, la position reste pour l’instant fermée sur cette thématique. Ce mardi sur Europe 1, la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Delphine Batho, déclarait encore : "Les gaz de schiste ne sont pas une solution (…) C’est un refus politique, je l’assume. Tout n’est pas sacrifiable au marché, au profit à court terme."

Ludovic Dupin

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