La polémique autour d'Armor Lux et de la police nationale s'envenime

Arnaud Montebourg a pris la plume pour soutenir Armor Lux, une entreprise de textile bretonne écartée du marché de confection des uniformes de la police nationale qu'elle avait pourtant depuis 2008. Une sénatrice de Calais s'offusque de cette intrusion politique.

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La polémique autour d'Armor Lux et de la police nationale s'envenime

Depuis la révélation de l'exclusion de l'entreprise de textile bretonne Armor Lux du nouveau marché de la direction générale de la police nationale (DGPN) pour la confection des uniformes de ses salariés, la polémique n'a cessé de gonfler.

Si le PDG d'Armor Lux Jean-Guy Le Floch a avoué à l'AFP avoir "largement anticipé (l)e risque" du non-renouvellement du contrat, les élus bretons sont montés au créneau. Le député PS du Finistère Jean-Jacques Urvoas a regretté la "fragilisation" d'Armor-Lux. "On ne perd pas, sans qu'il y ait de conséquence, un budget de 23 millions d'euros sur cinq ans. Sur ce marché, il y a 70 personnes", a-t-il assuré.

D'après le député, le marché tomberait dans l'escarcelle d'un consortium mené par Ineo Support Global, filiale de GDF Suez, et La Calaisienne et Balsan, deux entreprises de textile spécialisées dans la confection d'uniformes. Ils continueraient d'être fabriqués en France.

Fervent promoteur de la marinière d'Armor Lux et héraut du "made in France", Arnaud Montebourg n'a pas pu s'empêcher d'intervenir dans le dossier. Dans un communiqué publié le 18 avril, il prend la plume pour préciser que le choix effectué par la DGPN "remet pas en cause la qualité et le savoir faire de l'offre portée par Armor Lux et ses cotraitants".

Le ministre du Redressement productif confie avoir "instamment demandé" à Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, "de bien vouloir étudier sans délai, dans l'exécution du marché qui vient d'être confié a sa filiale COFELY INEO, toutes les voies et moyens, permettant de maintenir le maximum d'emplois en France et de confier aux PME-PMI du groupement ARMOR, une partie du chiffre d'affaires et des pièces a réaliser".

Une intrusion politique qui n'est pas du goût de certains élus, dont la sénatrice-maire UMP de Calais Natacha Bouchart. "La règle des marchés publics doit s'appliquer à tous, ce genre d'intervention se fait au détriment d'autres entreprises qui ont autant mérité de remporter le marché", s'offusque-t-elle dans un communiqué relayé par l'AFP.

La sénatrice défend les entreprises de sa région choisies par GDF Suez pour faire partie du consortium adoubé par la DGPN. "La Calaisienne est titulaire du label Origine France Garantie, ce contrat doit générer des emplois dans les différentes usines de l'entreprise et notamment celle de Calais", se réjouit l'élue. C'est "une excellente nouvelle pour Calais".

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