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La PME Boostec carbure au silicium pour le satellite Gaïa

Hassan Meddah , , ,

Publié le

La PME détenue par le groupe Mersen à 85% et par Astrium à 15% s'est imposée comme un fournisseur clé de l'industrie spatiale grâce à sa maîtrise du carbure de silicium. Ce matériau céramique léger et ultra stable, est idéal pour construire les miroirs des satellites d'observation de l'espace.

La PME Boostec carbure au silicium pour le satellite Gaïa © D.R. - ULIS

A Bazet (dans les Hautes-Pyrénées) à quelques kilomètres au nord de Tarbes, la trentaine de salariés de Boostec attendent avec une certaine impatience le 20 décembre prochain. Le satellite européen Gaïa sera lancé et permettra d'observer avec une précision inégalée notre galaxie la Voie lactée, de remonter à ses origines et de faire le recensement d'environ un milliard d'étoiles. Sélectionnée par le fabricant du satellite Astrium, et également son actionnaire à hauteur de 15%, la PME a en effet conçu les miroirs du satellite ainsi que le structure tubulaire de 3,5 mètres de diamètre qui sert de banc optique à l'ensemble des équipements embarqués. Boostec a été retenue car elle est la seule à maîtriser la conception et la fabrication de pièces de grande taille en carbure de silicium, un matériau céramique. Les miroirs, une fois polis avec une précision de quelques nanomètres (milliardièmes de mètre) par un partenaire extérieur, seront ainsi capables de détecter une lumière jusqu'à 400 000 fois plus faible que celle visible à l'oeil nu !

Ce matériel a tous les atouts pour séduire les fabricants de satellites. "Notre grande maîtrise des propriétés du carbure de silicium permet à Boostec de répondre au cahier des charges très strict du secteur spatial", explique Jerôme Lavenac, directeur de la PME. D'une part, sa légèreté permet de réduire la masse du satellite et donc son coût de lancement. Sa grande force réside dans sa grande stabilité dimensionnelle: il ne se déforme quasiment pas (ou faiblement de manière homogène) même lorsque la température varie significativement comme c'est le cas dans l'espace en fonction de l'exposition ou non du satellite au soleil. Cette stabilité est absolument nécessaire pour ne pas perturber les images prises par les télescopes.

La PME a développé un savoir-faire de plus de vingt ans. Outre la conception des pièces réalisées avec Astrium, elle maîtrise l'ensemble des procédés industriels comme l'usinage et le frittage à 2100° des pièces en carbure de silicium. "Quand on le chauffe, le matériau se rétrécit de manière significative. Il faut maîtriser ses retraits de matière pour être sûr de respecter les dimensions finales des objets demandés", explique Jérôme Lavenac. Autre technique clé: le soudage par brasage. Ainsi la "colonne vertébrale" du satellite Gaïa, d'un diamètre record de 3,5 m de diamètre, est constitué de 19 pièces soudées les unes aux autres.

Au delà de la technologie, Boostec peut compter sur deux actionnaires majeurs pour assurer sa politique de développement : le groupe Mersen (ex Carbone Lorraine) à 85% et Astrium à 15%. La société des Hautes-Pyrénées réalise environ 5 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel et compte parmi ses grands clients l'agence spatiale européenne.

Hassan Meddah

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