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L'Usine Santé

La pharma soigne son avenir

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Publié le

L’Auvergne et l’industrie pharmaceutique ont toujours fait bon ménage. Une tradition qui remonte au début du siècle dernier.

La pharma soigne son avenir © Pour Merck Sharp & Dohme, qui a beaucoup investi en Auvergne dans les années 2000, l’heure est au dégraissage.

MSD, Sanofi, Théa ou encore Lyoncentre… Les grands noms de la pharmacie ont pris racine en Auvergne. Cette activité intimement liée à l’histoire industrielle régionale pèse aujourd’hui 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires et fait vivre 3 600 salariés. L’Auvergne, vingtième région par sa démographie, est la quatrième en termes d’élaboration pharmaceutique au sens large et la quatorzième par son activité de recherche. Des chiffres stables depuis dix ans.

1,8 milliard

C’est, en euros, le chiffre d’affaires de la pharmacie en Auvergne, qui emploie 3 600 personnes.
L’Auvergne abrite quelques fleurons. Sanofi-Aventis, installé dans le village de Vertolaye (Puy-de-Dôme) depuis 1939, compte 750 salariés. C’est plus que le nombre total d’habitants de la commune ! Le site fabrique plus de 85 principes actifs différents. Il dispose, avec son atelier de micronisation, d’un savoir-faire unique dans le traitement physico-chimique des poudres. Une grande partie de sa production de principes actifs est exportée ou vendue à des tiers.

Autre grand nom, les laboratoires Théa, créés par Henri Chibret [lire l’entretien ci-contre], représentant de la quatrième génération d’une dynastie du monde de l’ophtalmologie née au XIXe siècle. "Nous avons largement participé aux dernières avancées pharmacologiques au point de nous hisser, en moins de dix ans, au rang de premier groupe pharmaceutique européen indépendant en ophtalmologie", rappelle le coprésident de Théa, Jean-Frédéric Chibret. Présent dans plus de 65 pays, Théa (800 salariés, dont 208 à Clermont-Ferrand, 300 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013) a conservé son siège social à Clermont-Ferrand, malgré sa présence dans le monde entier, notamment en Europe, en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Enfin, comment ne pas citer les laboratoires Merck Sharp & Dohme (MSD), situés à Riom (Puy-de-Dôme) et à Blavozy (Haute-Loire), respectivement à la tête de 664 et 175 salariés ?

Depuis 1988, le Groupement des industries du médicament de la région Auvergne (Gimra) réunit 39 membres, dont trois structures institutionnelles, autour de la santé dans le domaine humain et vétérinaire. "Le pari est simple, assure François Boutignon, le président du Gimra et PDG d’Aptys Phamarceuticals. C’est en étant organisées et regroupées que les industries du médicament sont les plus efficaces et non en restant sur des positions concurrentielles stériles." À partir de la fin des années 1990, la croissance du marché pharmaceutique a chuté en France. Elle n’était plus que de 2,5% en 2013, contre une croissance à deux chiffres il y a encore une vingtaine d’années ! Le marché national est saturé. Et la pilule de la mondialisation est parfois dure à avaler, y compris pour les géants de l’industrie pharmaceutique. La bascule de certains traitements dans le domaine du générique s’avère difficile à digérer.

C’est le cas pour MSD, qui avait beaucoup investi en Auvergne dans les années 2000. L’heure est au dégraissage. Le groupe a mis en vente son usine de Blavozy (Haute-Loire), qui compte 175 salariés, dans le cadre d’un plan de restructuration de sa branche française. Une décision justifiée, explique la direction de MSD-France, par "les résultats négatifs enregistrés au cours des quatre derniers trimestres, entre – 3% et – 11%". Pour l’heure, aucun nom de repreneur n’est annoncé. L’usine qui fabrique notamment le Losartan, un anti-hypertenseur, a vu sa production chuter en trois ans de 300 à moins de 100 tonnes, depuis que le principe actif de ce médicament est tombé dans le domaine public. La direction de MSD entretient un silence embarrassé. Quant à l’autre usine auvergnate du groupe, qui emploie 664 personnes à Riom-Mirabel (Puy-de-Dôme), elle est également touchée par un plan de départs volontaires de 80 personnes.

Marchés de niche

"Les modèles ont changé, souligne François Boutignon, le président du Gimra. Des petites PME comme Greentech et Cyclopharma développent des marchés de niche. Les start-up ou les biotechs savent s’illustrer au plan international." L’Auvergne compte aussi trois bioparcs dédiés aux biotechnologies et à la nutrition-santé ainsi que plusieurs clusters et, depuis peu, la première filière entièrement dédiée à la recherche de nouveaux antalgiques.

"Grâce au cluster d’excellence Analgesia Partnership, huit PME travaillent sur les antalgiques de demain. Nous espérons créer à Clermont-Ferrand, d’ici à la fin de l’année, un institut dédié à l’analgésie, avec un rayonnement national et international", explique le président du cluster, le professeur Alain Eschalier. Même s’il manque encore 1,5 million d’euros pour boucler le tour de table financier… L’argent reste l’un des remèdes les plus sûrs pour préparer l’avenir !

"Notre entreprise se distingue par son agilité et sa réactivité"

Henri Chibret, coprésident des laboratoires Théa, à Clermont-Ferrand

Comment expliquez-vous la réussite de Théa dans un secteur aussi concurrentiel ?
Grâce à son innovation et à son dynamisme. Théa est l’une des sociétés qui a lancé le plus de produits en ophtalmologie au cours de ces dernières années. Notre laboratoire est parvenu à se hisser à la troisième place européenne sur le marché de l’ophtalmologie, grâce à l’innovation et à certaines stratégies originales, comme le développement de produits de niche. Notre entreprise se distingue également par son agilité et sa réactivité, même si elle ne possède pas les mêmes moyens financiers que ses grands concurrents. Enfin, contrairement à Théa, les laboratoires de grande taille, dont le cœur de métier n’est pas l’ophtalmologie, se concentrent davantage sur les marchés de masse en développant des blockbusters. Théa se caractérise comme le généraliste de l’ophtalmologie.

Quels sont vos prochains grands projets ? Vos objectifs ?
Dans les années 2000, nous sommes parvenus à européaniser le groupe. Aujourd’hui, 90% du chiffre d’affaires de Théa est réalisé sur le Vieux Continent et 70% hors des frontières de l’Hexagone. Notre objectif est d’ouvrir deux filiales par an. Nous venons de créer des filiales en Russie et au Mexique. Au cours des prochaines années, nous voulons nous implanter aux États-Unis. La recherche ne connaît ni les frontières, ni, a fortiori, celles des disciplines et des savoirs constitués. Seule une présence territoriale accrue peut permettre à une entreprise pharmaceutique d’appuyer et de renforcer sa politique de décloisonnement de sa recherche.

Quel avenir, selon vous, pour l’industrie pharmaceutique en Auvergne ?
Je suis confiant. Au cours des vingt dernières années, nous avons certes assisté à la disparition de certaines firmes. Cependant, de nombreuses entreprises ont vu le jour, comme en atteste le développement exponentiel du Groupement des entreprises du médicament de la région Auvergne, qui compte aujourd’hui une petite quarantaine d’adhérents. L’Auvergne est une terre de tradition industrielle, dotée d’un tissu économique diversifié. L’innovation est partout, dans les entreprises comme au sein des universités.

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