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L'Usine Santé

La pharma en route vers un nouveau modèle d’innovation

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Pour répondre aux enjeux de santé publique des pays développés, et surtout des pays émergents, l’industrie pharmaceutique contribue à de nouveaux modèles économiques innovants. Tour d’horizon.

La pharma en route vers un nouveau modèle d’innovation © DR

"L’industrie de la santé est à la croisée des chemins". En ouverture du forum des sciences de la vie Biovision, qui se tenait à Lyon les 5 et 6 juin, Gérard Collomb, le maire de Lyon, a rappelé le défi auquel est confrontée l’industrie pharmaceutique : une R&D trop coûteuse qui ne produit plus de "blockbusters", ces best-sellers de la pharmacie. "Pour chaque euro dépensé en R&D, nous voyons revenir 70 centimes", témoigne Chris Viehbacher, le PDG de Sanofi. La solution ? Les innovations de rupture, bien sûr, mais pas seulement : c’est aussi dans son modèle que l’industrie pharmaceutique doit innover.

Des initiatives émergent, comme l’Innovative Medicines Initiative, une joint-venture entre la commission européenne et le Syndicat européen de l’industrie pharmaceutique (EFPIA), qui mise sur le partage des connaissances, des expertises et des données, explique Michel Goldman, son directeur exécutif. Une quarantaine de projets sont déjà en cours. 4 milliards de dollars devraient être investis d’ici dix ans pour développer sur le Vieux Continent de meilleurs traitements dédiés aux personnes âgées et aux patients atteints de maladies chroniques.

14 fabricants de vaccins partenaires de l’Alliance Gavi

Si l’industrie pharmaceutique revoit sa copie dans les pays développés, elle doit aussi trouver un nouveau modèle pour conquérir les pays émergents. Sans faire l’impasse sur les enjeux gravissimes de santé publique que connaissent certaines zones. Pour développer un nouveau vaccin, il faut investir jusqu’à 900 millions de dollars et compter entre huit et dix-huit ans, selon l’EFPIA. Alors, afin de convaincre les 14 plus grands fournisseurs de vaccins - dont Sanofi - de lui accorder des prix doux pour élargir l’accès à la vaccination des enfants dans le monde, l’Alliance Gavi a dû ruser. Ce partenariat public-privé, qui bénéficie aussi du soutien de pays développés donateurs et d’institutions (OMS, Unicef…), incite ainsi les pays émergents à participer eux-mêmes au financement des vaccins.

Ces pays versent un montant symbolique puis l’augmentent progressivement, jusqu’à 0,5% de leurs dépenses de santé, au fur et à mesure qu’ils deviennent plus prospères. "C’est un partenariat gagnant-gagnant, insiste Seth Berkley, le directeur exécutif de l’Alliance Gavi. Les entreprises peuvent produire de grandes quantités de vaccins et réduire leurs coûts de production, et nous ouvrons de nouveaux marchés pour elles." Grand soutien du programme, le laboratoire anglais GSK vendrait ainsi désormais 80% des doses de ses vaccins dans les pays en voie de développement. 

Les médicaments financés par les billets d’avion d’Unitaid

C’est un autre modèle économique innovant qu’a conçu Unitaid, une structure lancée par la France, le Brésil, le Chili, la Norvège et le Royaume-Uni en 2006 pour lutter contre le sida, le paludisme et la tuberculose. 80% de son budget annuel de 300 millions de dollars proviennent d'une taxe sur les billets d'avion. De son côté, Philippe Duneton, son directeur exécutif, parcourt le monde pour convaincre les géants de la pharmacie de négocier leurs prix afin que leurs médicaments soient mis à disposition plus tôt dans les pays pauvres, raconte-t-il à l’occasion du TIGER Forum, organisé par la Toulouse School of Economics début juin.

"Nos interventions visent à produire, à court terme, des prix plus bas pour le marché avec une meilleure qualité, à améliorer les formulations et à avoir un impact pérenne pour que les industriels investissent dans l’innovation et se concurrencent." Un modèle qui a notamment permis à Unitaid d’obtenir 80% de réduction sur le prix des derniers traitements contre le paludisme et d’augmenter la pénétration de ces produits dans les secteurs public et privé. Même si énormément reste à faire, reconnaissent tous ces experts…

Gaëlle Fleitour

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