La peur mondiale du coronavirus reprend le dessus

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes repartent à la baisse jeudi matin, plombées par un regain d'inquiétude sur l'ampleur de l'épidémie de coronavirus partie de Chine et sur ses conséquences pour l'économie et les entreprises.
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La peur mondiale du coronavirus reprend le dessus
Les principales Bourses européennes repartent à la baisse jeudi matin. À Paris, le CAC 40 perd 1,19%. A Londres, le FTSE 100 cède 0,72% et à Francfort, le Dax recule de 1,08%. /Photo prise le 17 octobre 2019/REUTERS/Ralph Orlowski

À Paris, le CAC 40 perd 1,19% à 5.884,11 points vers 08h40 GMT. A Londres, le FTSE 100 cède 0,72% et à Francfort, le Dax recule de 1,08%.

L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 1,03%, le FTSEurofirst 300 de 0,87% et le Stoxx 600 de 0,79%. Ce dernier reste toutefois au-dessus du plus bas de trois semaines touché mardi.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) doit tenir dans la journée une nouvelle réunion pour déterminer si l'épidémie de coronavirus qui a débuté le mois dernier à Wuhan, en Chine, constitue désormais une "urgence de santé publique de portée internationale".

Une telle décision alimenterait les spéculations sur un ralentissement de la croissance économique, et pas seulement en Chine.

Le coronavirus a fait 170 morts dans le pays selon un nouveau bilan publié par Pékin et les autorités sanitaires avaient recensé 7.711 cas mercredi soir, soit environ 1.700 de plus que la veille.

Mercredi, le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a évoqué le sujet lors d'une conférence de presse après le maintien de la politique monétaire de l'institution, jugeant que l'épidémie constituait un problème "très sérieux".

"Les économistes du gouvernement chinois estiment que les impacts du coronavirus pourraient être largement supérieurs à ceux du SRAS (en 2003)", explique Mirabaud Securities en précisant qu'à l'époque, "la croissance avait rebondi au 3ème trimestre (10%) et au 4ème trimestre (10%)".

"Très concrètement cela voudrait dire que la croissance chinoise pourrait passer sous les 5% à cause du coronavirus mais rebondir après. Si le virus ne se transforme pas en pandémie mondiale."

Les indicateurs économiques attendus ce jeudi ne devraient pas encore refléter l'impact de l'épidémie mais les investisseurs surveilleront quand même avec attention la première estimation du produit intérieur brut (PIB) américain au quatrième trimestre, attendue à 13h30 GMT.

La Banque d'Angleterre aura auparavant (à 12h00 GMT) annoncé sa dernière décision de politique monétaire avant le Brexit. Le consensus Reuters table sur un taux directeur inchangé à 0,75% mais certains économistes n'excluent pas une baisse d'un quart de point.

VALEURS

Tous les grands secteurs de la cote européenne évoluent dans le rouge et parmi les baisses les plus marquées figurent sans surprise les compartiments les plus exposés au risque de ralentissement de la croissance en Chine: celui du pétrole et du gaz recule de 2,46%, celui des hautes technologies de 1,34%, celui des matières premières de 1,02%.

A Paris, où toutes les valeurs du CAC reculent, TechnipFMC est la lanterne rouge de l'indice avec une chute de 5,53%, Arcelormittal perd 2,64% et Total 1,85%.

Parallèlement au coronavirus, les publications de résultats animent le début de séance, à la baisse comme à la hausse.

A Francfort, l'action Deutsche Bank, dans le rouge à l'ouverture, est revenue à l'équilibre malgré l'annonce de pertes plus lourdes qu'attendu au quatrième trimestre et sur l'ensemble de l'année 2019.

A Londres, Royal Dutch Shell cède 4,29% après une chute de près de 50% de ses profits sur les trois derniers mois de l'an dernier.

En hausse, H&M bondit de 9,41% à Stockholm, la meilleure performance du Stoxx 600, après avoir publié son premier bénéfice annuel depuis 2015.

EN ASIE

A Tokyo, l'indice Nikkei a perdu 1,72%, clôturant sous 23.000 points pour la première fois depuis le 21 novembre.

A Hong Kong, le Hang Seng a cédé 2,52%, portant à plus de 8% sa baisse sur les dix dernières séances. Et la chute est plus marquée encore à Taiwan, qui a perdu 5,75%, sa plus forte baisse depuis octobre 2018, pour sa première séance après les congés du nouvel an lunaire.

Les marchés de Chine continentale ne rouvriront que lundi.

A WALL STREET

La Bourse de New York a fini en ordre dispersé mercredi après les propos tenus par Jerome Powell dans la foulée de la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale.

L'indice Dow Jones a gagné 11,6 points (+0,04%) à 28.734,45 et le Nasdaq Composite a pris 5,48 points (+0,06%) à 9.275,16 mais le S&P-500, plus large, a perdu 2,84 points, soit -0,09%, à 3.273,4.

Orientés à la hausse au cours de l'essentiel de la séance, les principaux indices de Wall Street ont considérablement réduit leurs gains après les propos de Jerome Powell sur le coronavirus.

Dans les transactions hors séance après la clôture, Facebook chutait de plus de 7% après avoir dit s'attendre à un ralentissement de sa croissance alors que Microsoft inscrivait un plus haut historique, le marché saluant la croissance de ses activités d'informatique dématérialisée ("cloud").

TAUX

Comme lors des précédentes poussées d'aversion au risque, les investisseurs se reportent sur les emprunts d'Etat, dont les rendements piquent du nez: celui du Bund allemand à dix ans recule de plus de trois points de base à -0,398%, au plus bas depuis début novembre, et son équivalent français, à -0,143%, confirme son retour en territoire négatif.

Le dix ans américain, à 1,565%, évolue au plus bas depuis début octobre.

CHANGES

Sur le marché des devises, le dollar profite du repli sur les valeurs refuges et gagne 0,05% face à un panier de référence, remontant vers son récent pic de près de deux mois.

L'euro s'échange à un peu plus de 1,10 dollar après être tombé mercredi à son plus bas niveau depuis deux mois à 1,0992.Le yen est lui aussi bien orienté, face au billet vert comme face à la monnaie unique européenne.

A la baisse, le yuan chinois est brièvement retombé sous le seuil de 7,0 pour un dollar sur le marché "onshore" pour la première fois depuis le 25 décembre.

PÉTROLE

La crainte de voir l'épidémie de coronavirus freiner la demande chinoise et l'annonce d'une hausse plus marquée qu'anticipé des stocks aux Etats-Unis alimentent un nouveau repli du cours du baril après le rebond timide des deux séances précédentes.

Le Brent perd 1,67% à 58,81 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 1,65% à 52,45 dollars.

(Marc Angrand, édité par Simon Carraud)

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