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L'Usine de l'Energie

La pépite française qui recycle les carburants marins

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Le 1 er septembre, la société française Ecoslops annonçait la mise en service de sa première unité de traitements des résidus pétroliers marins. Elle est déployée dans le port de Sines, au Portugal. Michel Pingeot, PDG et fondateur d’Ecoslops nous décrit les enjeux de sa technologie.

La pépite française qui recycle les carburants marins © D.R.

L'Usine Nouvelle - Que faites-vous exactement dans le port de Sines au Portugal ?

Michel Pingeot - Nous valorisons une source d’hydrocarbures aujourd’hui inusitée. Il s’agit des résidus pétroliers des bateaux - un mélange d’eau, de sédiment et d’hydrocarbures - que l’on trouve dans les salles des machines, les fonds de cale ou lors des nettoyages de réservoirs de tanker. Notre travail consiste alors à séparer ces différents éléments. L’eau est traitée pour être rejetée dans l’océan selon la réglementation locale. Les hydrocarbures sont, quant à eux, envoyés vers notre unité de microprocessing, qui est une micro-raffinerie.

Quels produits en tirez-vous ?

Nous en tirons quatre fractions. Une fraction légère de combustible qui alimente notre système en énergie. Deux fractions qui peuvent être utilisées comme carburant pour les bateaux. La dernière couche de résidus lourds peut être employée dans les fours d’aciéries ou de cimenteries. Ces derniers, fonctionnant à très haute température, sont en mesure d’éliminer les métaux et le souffre. Sur l’ensemble des résidus, on récupère 80 % de carburants marins.

Pourquoi un tel procédé n’avait encore jamais été utilisé ?

Je ne saurais le dire exactement, mais en ce qui me concerne l’idée est tirée de mon expérience. J’ai été dans la marine nationale et j’ai une passion pour la mer. Cela m’a attristé de voir le niveau de pollution des mers augmenter au fil des ans. J’ai également accumulé une longue expérience dans le raffinage et le secteur pétrolier. L’idée de donner une deuxième vie à ces résidus de carburants m’est venue en 2005. Cela a aussi été rendu possible par la signature de décrets en Europe pour protéger les océans… Avant cela, ce métier n’existait pas.

Outre l’aspect écologique, il y a un intérêt économique ?

Pour les bateaux et les ports, il y a tout d’abord l’intérêt de se débarrasser de leurs résidus pétroliers de manière simple et rapide à des tarifs plus intéressant que ceux des collecteurs. Par ailleurs, les armateurs peuvent acheter un carburant de meilleure qualité, à un coût environ 10 % moins élevé (grâce à l’absence de coût de transport), et donner une bonne image en utilisant un combustible recyclé.

Quelle est la prochaine étape pour Ecoslops ?

Au-delà du Portugal, nous menons un avant-projet en Côte d'ivoire. La catastrophe du Probo Koala dans le port d’Abidjan en 2006, qui avait fait de nombreux morts, a énormément sensibilisé le pays à ce type de pollution. Nous avons également des projets à Singapour, Rotterdam. Et nous regardons de près Saint-Pierre-et-Miquelon.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

 

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