L'Usine Energie

La part du renouvelable va augmenter rapidement prédit l'Agence internationale de l’énergie

Manuel Moragues ,

Publié le

L’Agence internationale de l’énergie estime dans un rapport publié ce vendredi 2 octobre que les énergies renouvelables (EnR) fourniront 26% de l’électricité mondiale en 2020. 700 GW de capacités d’EnR – l’équivalent de 450 réacteurs EPR- seront installés en cinq ans.

 

La progression s’accélère. De quoi parler de bascule. Le rapport publié ce vendredi 2 octobre par l’Agence international de l’énergie (AIE) prédit que les énergies renouvelables fourniront 26 % de l’électricité mondiale en 2020. La part des énergies renouvelables était de 22 % en 2013. Il s’agit "d’un changement remarquable sur une période de temps très limitée", estime l’Agence, dans un communiqué. Résultat, la production d’électricité d’origine renouvelable sera supérieure à la demande actuelle de la Chine, de l’Inde et du Brésil.

Ce sont quelque 700 gigawatts de capacité – l’équivalent de 450 réacteurs EPR – qui seront installés en cinq ans, calcule l’AIE. Ce qui représente les deux tiers de l’ensemble des capacités de production d’électricité installées sur la période. Les nouvelles énergies renouvelables, id est hors hydro-électricité, capteront près de la moitié des installations globales.

Cette accélération des renouvelables a peu à voir avec le bond de la fin des années 2000 où le marché, notamment dans le solaire, était limité à une poignée pays européens affichant de généreuses subventions. Il s’agit aujourd’hui d’une bascule durable.

Coûts en baisse et expansion dans les économies émergents

Ce sont "des coûts en baisse et une expansion agressive dans les économies émergentes" qui sont les moteurs de l’expansion des renouvelables.  "Les énergies renouvelables bon marché sont prêtes à dominer les systèmes électriques émergents du monde", a déclaré le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, cité dans le communiqué.

Et encore les renouvelables sont-elles bridées, note l’AIE. Elles pourraient croître 25% plus vite s’il y avait moins d’incertitudes liées au politique. "Dans les pays émergents, le déploiement rapide des renouvelables impose de réduire les centrales thermiques fossiles, ce qui mettra les producteurs en place sous pression.

Les engagements politiques hésitants […] peuvent miner la confiance des investisseurs", prévient l’agence. A ce titre, relève l’AIE, un message fort de soutien aux renouvelables à l’issue de la COP21 pourrait créer un cercle vertueux. Réponse dans deux mois.

Manuel Moragues

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4 commentaires

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07/10/2015 - 10h48 -

Votre article est intéressant, et encourageant pour les énergies renouvelables, que je soutiens pleinement.
Mais vous ne pouvez écrire que « 700 GW de capacités d’EnR sont équivalents à 450 réacteurs EPR ». 700 GW nucléaire, oui, environ, mais pas d’EnR. C’est flatteur pour les énergies renouvelables... mais c’est faux !
Les watts (W) sont des unités de puissance (ou capacité), tandis que les wattheures (Wh) sont des unités de production. Ne sont comparables que les productions des différentes sources d’énergie. Un MWh (mégawattheure), qu’il soit fourni par de l’hydraulique, du gaz ou du nucléaire, représente la même quantité d’électricité ; tandis qu’un MW (mégawatt) d’hydraulique, de gaz ou de nucléaire produira des quantités d’électricité bien différentes.
En 2014, en France :
- 9100 MW d’éolien ont produit 17 TWh (térawattheures) ;
- 5400 MW de photovoltaïque ont produit 6 TWh ;
- 63 000 MW de nucléaire ont produit 416 TWh.
Ainsi :
- 1000 MW d’éolien ont produit 1,9 TWh ;
- 1000 MW de photovoltaïque ont produit 1,1 TWh ;
- 1000 MW de nucléaire ont produit 6,6 TWh.
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06/10/2015 - 17h10 -

Comment certains peuvent ils encore dire que le nucléaire n'est pas subventionné. L'EPR anglais va recevoir un prix de 105€/MWh produit, alors que l'eolien français perçoit 85€/MWh. Et qui va payer le stockage ad vitam des déchets, et le démantèlement des réacteurs en fin de vie. Et que dire des subventions aux energies fossiles. La révolution renouvelable est en marche, c'est une réalité.
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05/10/2015 - 20h46 -

Bernard Maillard a écrit ce que je voulais également asséner. Il est malsain qu'une publication qui sert de référence en arrive à faire des erreurs aussi énormes. Curieusement elles vont toutes dans le même sens : angéliser les ENR fatales. Elles en ont bien besoin car elles convainquent de moins en moins. On commence enfin à envisager de chiffrer sérieusement le surcoût qu'elle imposent : Linky (big brother), STEP, prix de vente négatif, hydrogène, air comprimé, volants d'inertie, etc. Il faut au moins 30€ du MWh de supplément pour transformer du courant "fatal" en "maitrisé".
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05/10/2015 - 16h38 -

700 Gw d énergies renouvelables correspondent à 450 EPR en puissance installée mais non en productible. L'éolien presente un productible entre 20 et 30 pour cent et le nucléaire entre 80 et 90 pour cent tout au long de l année. Aussi 700 Gw d énergies renouvelables ne correspondent qu'à 150 Epr. C est à peine le double de la puissance nucléaire en cours de construction à travers le monde, et ce sans subvention .
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