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L'Usine Aéro

Là où siègent les centres de décision

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Tous implantés en Ile-de-France, les champions de l’industrie de défense française sont proches les uns des autres, de même que des décideurs militaires.

Là où siègent les centres de décision
Dassault Aviation assemble le fuselage du Rafale dans son usine d’Argenteuil (Val-d’Oise).

L’Ile-de-France n’est pas la région qui compte le plus d’usines d’armement. Elle tient cependant son importance de la présence sur son territoire des centres de décision et d’études des ténors internationaux du secteur de la défense, ainsi que d’une kyrielle de PME. Airbus Defence and Space, Dassault Aviation, MBDA, Nexter, Renault Trucks Defense, Safran, Thales… tous les champions du marché sont implantés dans la région. « Les sièges sociaux de nos principaux clients se trouvent également en région parisienne, ce qui facilite les rapports avec eux », reconnaît Olivier Martin, le secrétaire général du missilier MBDA. Une proximité sans égale dans une activité où les coopérations sont nombreuses.

Il en va ainsi du programme Rafale de Dassault Aviation, auquel participent également MBDA, Nexter, Safran et Thales. L’avionneur, dont le siège social et la direction technique sont installés à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), assemble le fuselage de son avion de combat dans son usine d’Argenteuil (Val-d’Oise), employant 1 000 salariés. Les moteurs M88 propulsant l’appareil sont, eux, produits par Safran Aircraft Engines sur ses trois sites franciliens, dont celui de Melun-Villaroche (Seine-et-Marne), où est réalisé l’assemblage.

Thales fournit des équipements radar. Le groupe, qui a établi son quartier général à la Défense, a par ailleurs essaimé de nombreux établissements en Ile-de-France, dont plusieurs sont dédiés aux activités militaires : Élancourt (Yvelines), où se situe le siège mondial des activités systèmes de missions de défense occupant quelque 1 200 salariés ; Vélizy (Yvelines), orienté vers les systèmes de sécurité du champ de bataille ; Limours et Massy (Essonne), regroupant plus de 1 600 personnes et spécialisés dans la fabrication des radars.

Une galaxie qui gravite autour du « Balardgone »

MBDA est, lui, intéressé à la fourniture des missiles du Rafale. Le missilier européen ne produit pas en Ile-de-France, mais il concentre au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), outre sa gouvernance et ses grandes fonctions supports, ses équipes industrielles et de développement de programmes, pour un total de 2 700 personnes. Nexter fabrique le canon du Rafale. Le leader de la défense terrestre a implanté plusieurs entités de ses pôles systèmes et équipements dans le camp militaire de Satory à Versailles (Yvelines). Elles y voisinent avec Renault Trucks Defense, avec lequel Nexter est, par ailleurs, engagé au sein du programme Scorpion, visant le développement de véhicules blindés multirôles. Thales est également impliqué dans cette production.

Au centre de cette toile tissée par ces grands groupes figure le ministère de la Défense, lieu de pouvoir incontournable qui vient de quitter l’îlot Saint-Germain, quartier cossu du centre de la capitale, pour le coûteux complexe du « Balardgone », situé dans le XVe arrondissement parisien.

« Si l’armée française n’est pas équipée des produits de l’industrie française de défense, ceux-ci ne se vendent pas à l’étranger », n’hésite pas à affirmer Thierry Gaiffe, le patron de la PME Elno (120 salariés). L’entreprise d’Argenteuil (Val-d’Oise) conçoit et fabrique des systèmes de communication en milieu sensible. Elle a réussi à se glisser dans le programme Félin (Fantassin à équipement et liaisons intégrés), piloté par Safran, grâce à un bandeau ostéophonique protégé par cinq brevets [lire ci-contre]. Thierry Gaiffe se dit résolument confiant dans les activités liées à la défense, dont la part dans les ventes d’Elno (17 millions d’euros en 2015) est passée de 35 à 50 % en deux ans. Membre du pôle de compétitivité aérospatial ASTech Paris Region, Elno, qui consacre 15 % de son chiffre d’affaires à la R & D, mise sur l’innovation pour séduire les grands groupes.

« Les PME nous aident à développer de nouveaux concepts dans des métiers particuliers. Beaucoup de ces sociétés innovantes se trouvent en Ile-de-France, une proximité qui facilite le développement d’un courant d’affaires », concède Olivier Martin. L’innovation vient également du numérique, comme l’explique Emmanuel Chiva, le directeur général adjoint de la société Agueris (Vélizy), spécialisée dans la simulation opérationnelle via la réalité virtuelle. « Le marché de la simulation est en fort développement, avance-t-il. C’est moins une question d’économies que d’efficacité. Les soldats s’entraînant sur équipements réels progressent moins que ceux qui combinent simulation et équipements réels. Tout simplement parce qu’en simulation, il est possible de reproduire une grande variété de scénarios que l’on ne pourrait jamais reproduire dans les conditions réelles. » 

Un casque ostéophonique pour le fantassin

La société Elno a produit à Argenteuil (Val-d’Oise) plus de vingt mille exemplaires de son casque BCH 300, qui transmet le son par conduction osseuse. Ce modèle a été développé dans le cadre du programme Félin (pour « Fantassin à équipement et liaisons intégrés ») du ministère de la Défense. « Il a fallu inventer un concept, afin que le combattant puisse rester en alerte permanente par rapport à son environnement », indique Thierry Gaiffe, le président d’Elno. De là est venue l’idée novatrice d’un casque ostéophonique, qui utilise la technique de la vibration osseuse à la fois pour les écouteurs et pour le microphone. « C’est un casque de communication très léger qui se place sous le casque de combat. Il a la particularité de ne pas boucher les oreilles, précise Thierry Gaiffe. Même chose pour le microphone, l’utilisateur n’a rien devant la bouche afin d’éviter les bruits parasites. » ??

Alkan, spécialiste des systèmes de largage

Créée en 1923, la société Alkan, implantée à Valenton (Val-de-Marne), est l’un des spécialistes mondiaux des systèmes d’emport et d’éjection sous avions, hélicoptères et maintenant drones : réservoirs de carburant, armes, caméras, pods d’observation, bouées… « Nous développons et fabriquons d’une part le pylône, c’est-à-dire la structure métallique porteuse adaptée à la forme du fuselage ou de la voilure, et d’autre part l’éjecteur, incorporé dans le pylône et qui permet de libérer la charge tout en lui donnant une accélération de façon à ce qu’elle ne reste pas dans les turbulences de l’appareil », détaille Jean-François Lapy, le directeur industriel. Pylônes, déclencheurs et autres pièces sont développés par Alkan en fonction du cahier des charges des clients. À cette fin, l’entreprise dispose d’une direction technique forte de 26 personnes sur un effectif total de 152 salariés. Présent dans 65 pays, Alkan a placé ses équipements sur une soixantaine de modèles d’aéronefs et a réalisé un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros en 2015. 

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