La nouvelle poule aux oeufs d'or

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La nouvelle poule aux oeufs d'or

On n'avait jamais vu cela. A Stanford, aux Etats-Unis, 50 des 350 étudiants reçus cette année au prestigieux MBA vont créer leur entreprise. D'habitude, la proportion ne dépassait guère la vingtaine. Cette fois, tous les records sont battus. Il est probable que beaucoup de ces jeunes créateurs échoueront. Mais peu importe. Tous auront appris les rouages de cette " nouvelle économie ", axée sur Internet, qui fascine et inquiète tout à la fois. Elle fascine, parce qu'elle semble accessible à tous. Un minimum d'investissements, beaucoup de bon sens, et le tour semble jouable. Simplicité un peu mythique, car - l'expérience des pionniers le montre bien - cette économie est avant tout celle de la vitesse et de la capacité à appréhender d'emblée un marché mondial. Mais peu importe. Des milliers de jeunes se ruent sur cette nouvelle poule aux oeufs d'or. Cette " Net economy " fascine aussi parce que nul ne sait quelle sera sa dimension réelle. Ce que chacun appréhende plus ou moins confusément, c'est qu'elle bousculera nos réflexes, nos modes de vie et des pans entiers de l'activité économique. N'a-t-elle pas déjà révolutionné l'industrie de la musique ou celle des voyages ? Pourquoi pas, demain, la grande distribution, l'habillement, la pharmacie, l'automobile... ? Que 10 % du commerce se fasse bientôt par voie électronique, comme le pronostiquent certains, et c'est toute la face du monde qui sera changée. Cette économie fascine enfin, parce que, comme toute révolution, elle est susceptible de corriger des inégalités. Non pas, malheureusement, les inégalités fondamentales entre pays riches et pays pauvres - si l'Internet est mondial, il reste dix mille fois plus accessible aux Etats-Unis qu'au fond de l'Afrique. Mais au moins celles accumulées par nos économies vieillissantes. Entre ceux qui ont le savoir et ceux qui ont l'argent. Entre les jeunes qui peinent à trouver une place et les plus âgés bien installés aux commandes de nos entreprises. Les millionnaires de la prochaine décennie ont à peine 20 ans aujourd'hui, et les poches parfois bien vides. Faut-il craindre cette révolution ? Mieux vaut s'y préparer ! Essayer d'en comprendre les mécanismes. Et inculquer cette culture à nos enfants. Les Américains sont désormais persuadés que la maîtrise de l'ordinateur est devenue aussi stratégique que celle de l'écrit. A examiner les programmes scolaires de nos enfants, même revisités par quelques ministres adeptes des nouvelles technologies, nous en sommes très loin... Et pourtant le temps presse. Les bonnes places et les bonnes idées sont à prendre tout de suite. Car le monde entier s'est lancé dans l'aventure. Partout la création d'entreprises explose. 400 000 entreprises nouvelles en un an en Allemagne, 300 000 en Italie... La France, elle, plafonne à 160 000 " vraies " créations (1). Pourtant, cette " Net economy ", qui exige juste un peu d'intelligence et d'audace, semble faite pour nous. Alors, qu'attendons-nous ? Jean-Léon Vandoorne (1) Voir " Les Echos " du 19 juillet.

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