La Nouvelle-Aquitaine communique le virus de l’Usine du Futur à la France entière

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Publi-rédactionnel La Nouvelle-Aquitaine a créé un véritable engouement autour de l’Usine du Futur, modèle vertueux qui non seulement augmente fortement la productivité, mais engendre aussi la qualité de vie et le bien-être au travail et permet de redonner du sens au sein des usines. Explications avec le Président de Région Alain Rousset.

La Nouvelle-Aquitaine communique le virus de l’Usine du Futur à la France entière

Comment la Nouvelle-Aquitaine est-elle devenue le berceau de l’Usine du Futur ?
 
Alain Rousset : C’est au début des années 2000 qu’est né le concept d’Usine du Futur lorsqu’Emeric d’Arcimoles, P.-D.G. de Safran et François Pellerin, directeur de l’usine Turboméca de Bordes viennent me voir pour relancer l’activité de l’unité béarnaise qui traverse une période délicate. La question qui se pose alors est de trouver les moyens d’augmenter la productivité de Turbomeca. C’était une énorme stratégie industrielle à mettre en place. Il fallait redéfinir totalement l’usine : comment la robotiser, la numériser, comment revoir les flux de production et la manière de responsabiliser les équipes, inventer un nouveau type de management… La Région a soutenu à hauteur de 20 M€ la construction de l’usine et la création d’un centre de formation avec la mise en place d’un écosystème autour des moteurs d’hélicoptères.
 
Quel est le principal levier de la hausse de la productivité qui a augmenté de 50 % à Bordes ?
 
Alain Rousset : L’Usine du Futur est d’abord une histoire humaine. À Bordes, elle a amélioré la qualité de vie et le bien-être au travail, sources de productivité et de compétitivité. La qualité de vie au travail couplée à la formation permet d’augmenter considérablement les résultats. Cela devrait sauter aux yeux de tous les responsables. L’attractivité d’une usine en matière d’emplois dépend de la qualité de vie au travail.
 
Pourquoi les industriels ont du mal aujourd’hui à attirer les jeunes ?
 
Alain Rousset : Le problème des entreprises aujourd’hui est qu’elles ne peuvent pas recruter, car elles ont perdu du sens. Il y a eu une telle absence de sens dans les théories de l’École de Chicago. Il faut se demander de quoi la société aura besoin dans 10 ans pour que je puisse engager des recherches ? Dès l’instant où l’entreprise se désengage d’un intérêt sociétal et responsable, on détruit notre environnement social, sociétal…
 
Vous considérez-vous comme un industriel ?
 
Alain Rousset : Je viens de l’usine. Mes parents travaillaient dans des usines qui sont aujourd’hui mortes. Or l’usine, c’est la vie. C’est un lieu où les salariés, les hommes et les femmes se retrouvent. Quand, dans les années 1990 Serge Tchuruk parle de France sans usine, il fait énormément de tort aux industriels et comme beaucoup de politiques n’ont pas la connaissance du monde industriel, les usines ont fermé. Aujourd’hui, seulement 12 % de la population active travaille dans les usines. Un vrai changement est en train d’avoir lieu aujourd’hui avec la nouvelle prise de position du patronat américain à Washington en août dernier. 188 PDG du BRT disent s’engager à intégrer des préoccupations sociales et environnementales et non plus exclusivement
économiques.
 
Comment la Nouvelle- Aquitaine impulse-t-elle le concept d’Usine du Futur à toute la France ?
 
Alain Rousset : Avec la nouvelle usine de Bordes et son centre de formation, nous avons mis en place un écosystème. C’est ce cercle vertueux  d’une politique industrielle inscrite à la 33° place dans le « pacte productif » de François Hollande que nous avons impulsé. Aujourd’hui, il ne reste plus comme programme industriel en France que l’industrie du futur.
 
Quelle est la part d’investissement de la Région dans l’Usine du Futur ?
 
Alain Rousset : La Région finance à 100 % le diagnostic initial. Mais il ne suffit pas de réaliser un diagnostic, il faut pouvoir ensuite accompagner les entreprises dans la mise en place de moyens et trouver des offreurs de solutions. Pour cela, nous avons créé la plateforme d’accélération, sorte de guichet unique accessible aux chefs d’entreprise au travers des plateformes technologiques existantes ADDIMADOUR, Compositadour, Canoe, Cati… L’idée est de regrouper dans un même lieu tous les éléments de réponses aux besoins de transformation des entrepreneurs. Nous avons également lancé Accélérateurs PME ETI, une formation de haut niveau pour les chefs d’entreprise dont les retours sont excellents.
 
 
La Nouvelle-Aquitaine, un territoire attractif d’excellence qui tend vers le durable
Avec ses 10 pôles de compétitivités (dans l’aéronautique et le spatial, le numérique, la photonique, les matériaux avancés, la chimie verte, les filières vertes, la santé & le bien-être, le cuir, le textile…), la région Nouvelle-Aquitaine vise l’excellence dans de nombreux domaines. La transition environnementale est également au cœur de ses préoccupations. Dans ce cadre, une feuille de route baptisée Néo-Terra a été établie. Plusieurs grands objectifs sont inscrits dans ce programme qui intègre diverses problématiques comme celles de favoriser l’engagement citoyen (notamment des jeunes), préserver l’environnement, favoriser les mobilités propres (pour accélérer la transition écologique et solidaire), mettre en place des systèmes de production économes ainsi que des bâtiments, territoires et villes durables économes en ressources, faire un territoire tendant vers le « zéro déchet », préserver la
ressource en eau… D’ici 2030, plus aucun pesticide ne devra être utilisé en Nouvelle-Aquitaine comme le souhaite le Président Alain Rousset.
 
 
 

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