Quotidien des Usines

La mort contrainte d’Ethicon, en région Centre

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La mort contrainte d’Ethicon, en région Centre
©HUGUES LEGLISE-MAXPPP France
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La ritournelle est désormais bien connue, mais elle résonne toujours douloureusement pour ceux qui en font les frais. Pour preuve, la réaction du personnel d’Ethicon face à la fermeture de l’usine d’Auneau (Eure-et-Loir), dont les bénéfices ne suffisent plus à éviter la délocalisation. Lundi dernier, plus de 200 des 365 salariés de cette filiale de l’américain Johnson & Johnson étaient vent debout à Issy-les-Moulineaux en Ile-de-France, devant le siège du groupe dont ils contestent les projets.

Pendant une heure et demie, une délégation a été reçue par la direction. « La fermeture du site fin 2011 a bien été confirmée », explique Fernando Pinto da Silva, le délégué syndical UNSA. Implantée depuis plus de quarante ans à Auneau, la dernière usine de fils de suture de France est oubliée au profit du Brésil, de Porto Rico et du Mexique, où le géant pharmaceutique compte sur la main d’œuvre bon marché pour gagner en compétitivité.

La décision obéit à une logique implacable : « Le site d’Auneau est performant, reconnaît une source proche du dossier, mais le marché de la suture est plat et nos concurrents vendent 30 à 40 % moins cher que nous. »

Au constat économique, les délégués du personnel répondent par l’offensive. « On veut porter l’affaire en justice, peut-être d’ici à la fin de l’année, pour contester le motif économique », précise le représentant UNSA, pour qui la procédure engagée contiendrait « quelques irrégularités ». Après un premier comité d’entreprise qui s’est tenu fin octobre, la publication du rapport de l’expert est toujours attendue, alors que le délai légal de 22  jours est dépassé.

« Une très grosse partie des informations a été transmise à l’expert », précise cependant Xavier Delille, responsable stratégie des opérations chez Johnson & Johnson, estimant pouvoir finir d'ici une à deux semaines.

Alors que le PSE, qui comprend notamment un projet de revitalisation du site, reste à négocier, des mesures sont prises en interne à l’initiative de la direction de l'entreprise eurélienne. Très investi dans l’usine, le directeur des opérations industrielles, Philippe Prou, qui affiche « 32 ans de maison », dit concentrer 80 % de son temps à la gestion des aspects humains. « Je souhaite pousser l’accompagnement des salariés le plus loin possible », insiste-t-il.

Depuis quelques mois, une invitation à la reconversion est lancée : les salariés peuvent en effet bénéficier d’une formation en informatique ou découvrir le fonctionnement des services de l’entreprise qu’ils ne connaissent pas. Une centaine de salariés se sont par ailleurs engagés dans un projet de «validation des acquis de l’expérience» en vue d’obtenir un diplôme qualifiant. Les plus démunis peuvent, quant à eux, s’en remettre à un psychologue qui intervient sur demande au sein de l’entreprise. En attendant les dispositions du PSE, la plaie n’est pas recousue, mais le choc un peu mieux amorti.

Marie Herbet

 

 

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