La mission interministérielle pour Sanofi Toulouse tuée dans l’œuf

Annoncée fin octobre par Arnaud Montebourg, la mission destinée à trancher le sort du site R&D du groupe pharmaceutique à Toulouse serait repositionnée sur celui de l’Oncopôle, d’après les syndicats qui sortaient déçus, ce mardi soir, d’une réunion à l’Elysée sur le plan de restructuration de Sanofi.

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La mission interministérielle pour Sanofi Toulouse tuée dans l’œuf

Pendant que François Hollande recevait le patron d’Arcelor Mittal, ses conseillers géraient un autre dossier chaud. Avec les conseillers du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, ils recevaient à l’Elysée ce mardi soir l’intersyndicale de Sanofi. A l’ordre du jour : le plan de restructuration annoncé par le groupe pharmaceutique en juillet, dont les syndicats craignent que l’ampleur soit supérieure aux 914 suppressions de postes annoncées.

De cette rencontre, les représentants des salariés sont ressortis déçus. Bien qu’ils semblent avoir gagné gain de cause sur un point : la probable mort dans l’œuf de la mission interministérielle annoncée fin octobre par Arnaud Montebourg pour sauver le site de R&D de Sanofi à Toulouse. Un site dont le sort n’avait pas été précisé par le groupe pharmaceutique. "On nous a indiqué que la mission interministérielle serait maintenue dans le cadre de l’Oncopôle (un énorme ensemble de partenariats publics et privés qui devrait réunit 2.500 chercheurs et 1.000 acteurs de la santé sur le même site, ndlr) et que cela ne concernerait pas Sanofi", raconte à l’Usine Nouvelle Pascal Vially, coordonnateur CFDT. Or Sanofi est une des pierres angulaires de l’Oncopôle ! "Nous souhaitons que le site de Toulouse soit considéré dans le cadre global du plan de restructuration, et ne fasse pas l’objet d’un traitement à part qui lui serait fatal", poursuite le syndicaliste.

La nomination du patron de la mission retoquée

Les syndicats avaient déjà remporté une première manche en s’opposant à la nomination d’André Syrota, le patron de l’Inserm, à la tête de cette mission. Egalement patron d’Aviesan, le guichet unique regroupant les pôles santé des instituts de recherche publique pour faciliter les partenariats avec les industriels, ce dernier était considéré par eux comme juge et partie pour avoir signé récemment des contrats avec Chris Viehbacher, le patron de Sanofi. D’après nos informations, Arnaud Montebourg serait donc à la recherche d’une autre personnalité pour conduire cette mission, dont on cherche désormais à comprendre le sens.

L’Elysée doit se positionner sur le plan d’ici la fin de semaine

Mais sur le plan de restructuration dans son ensemble, pas d’avancée selon les syndicats. "Nous avons rappelé la responsabilité du gouvernement concernant cette industrie, que cela touche à la santé publique, qu’il y a de l’argent public donné à cette entreprise. Et qu’à partir de là, il était urgent que le gouvernement agisse", confie à chaud Thierry Bodin, coordinateur de la CGT chez Sanofi. Leur demande ? "Que le gouvernement expose à nouveau à la direction de Sanofi nos propositions minimales : le gel du plan et une rencontre tripartite. Si elle refuse, nous attendons de lui qu’il la convoque et la mette face à ses responsabilités, en démontrant clairement que c’est elle qui ne veut pas rediscuter de sa stratégie."

Mais faute d’une prise de position des conseillers ce soir, les syndicats devront attendre leur réponse d’ici la fin de la semaine… Après près de cinq mois de manifestations, le mouvement de protestation se radicalise chez "les Sanofi". "Le temps commence à durer, certains salariés appellent à des mobilisations plus musclées, observe Pascal Vially. Nous en avons fait part à l’Elysée, car nous n’aimerions pas qu’on en arrive là et que la situation ne s’enlise..."

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