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La ministre et le complexe militaro-industriel

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La ministre et le complexe militaro-industriel

C’est un intitulé un tantinet désuet qui renvoie à une époque pourtant pas si lointaine, les années 1960 et 1970. Sylvie Goulard s’est vue récompensée de son engagement précoce auprès d’Emmanuel Macron par le ministère des Armées, et non pas le ministère de la Défense comme on l’a appelé entre 1974 et 2017. Parce qu’elle n’est pas spécialiste de la chose militaire, mais aussi parce qu’elle succède à Jean-Yves Le Drian, qui fut l’un des plus puissants ministres siégeant à l’Hôtel de Brienne, Sylvie Goulard apparaît déjà, aux yeux de certains, comme une ministre « désarmée ». À les croire, une partie de ses prérogatives militaires serait transférée au palais de l’Élysée, Jean-Yves Le Drian, désormais ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, conservant, par ailleurs, son rôle de super VRP de l’industrie de défense française afin de faciliter la signature de gros contrats à l’étranger. Lors de son déplacement au Mali, vendredi 19 mai, Emmanuel Macron était accompagné des deux ministres régaliens, et rien n’indique, pour l’instant, que Sylvie Goulard en soit réduite à jouer les seconds rôles. Parce que la constitution fait de lui le chef des armées, le chef de l’État préside le conseil de Défense et de sécurité nationale. Ce n’est pas nouveau. Et quand bien même Jean-Yves Le Drian continuerait à entretenir des relations stratégiques avec l’Arabie saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Qatar, l’Égypte, l’Inde et autres pays friands du made in France, Sylvie Goulard ne sera pas, a priori, une ministre des Armées au rabais. Outre le chef d’état-major des armées, et le secrétaire général pour l’administration, la ministre est assistée par le délégué général pour l’armement (DGA), véritable cheville ouvrière de la politique industrielle de la défense. Cet homme puissant veille tout à la fois à l’équipement des forces armées (entre 10 à 11 milliards d’euros de commandes chaque année), au soutien des industriels, et à l’exportation des avions de combat, hélicoptères, missiles et autres satellites espions fabriqués en France. Pour reprendre une expression qui fleure bon… les années 1960 et 1970, le DGA incarne le complexe militaro-industriel. Quoi qu’il en soit, Sylvie Goulard devra veiller à la montée en puissance du budget militaire vers 2 % du PIB en 2025, soit 50 milliards d’euros contre 32,7 actuellement, à l’écriture d’un nouveau livre blanc sur la défense, au vote d’une loi de programmation militaire dès le premier semestre 2018, sans compter la poursuite d’opérations extérieures et intérieures exigeantes pour les forces armées et leurs matériels… Désarmée, vraiment ?

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