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La méthode de Schneider Electric pour valoriser les doctorants 

Christophe Bys , , ,

Publié le

Si les docteurs restent, sinon mal aimés, du moins incompris par les entreprises, Schneider Electric parie aussi sur leurs compétences pour inventer le futur de l'entreprise. Pour cela, la politique des ressources humaines a développé une filière expert et considère les années de thèse comme une première expérience professionnelle.

La méthode de Schneider Electric pour valoriser les doctorants © D.R.

Ils étaient sept docteurs ou futurs docteurs à participer à une sorte de mini table ronde organisée par Schneider Electric, à l'occasion de la signature d'un accord cadre entre l'entreprise présidée et dirigée par Jean-Pascal Tricoire et la secrétaire d'Etat chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviéve Fioraso, mercredi 29 octobre. Ce septuor de chercheurs, débutants ou confirmés, étaient là pour témoigner de l'engagement de Schneider Electric en faveur de la recherche scientifique. Laure Collin, la DRH France, a précisé que l'entreprise comptait en son sein, "une vingtaine de thésards en Cifre, que 150 docteurs y travaillaient actuellement et que chaque année, cinq docteurs étaient recrutés." Reste à savoir si c'est peu ou beaucoup pour un groupe qui compte 150 000 salariés dans le monde.

Car l'insertion des jeunes docteurs dans le monde du travail reste problématique en France, où les entreprises préfèrent souvent les ingénieurs réputés plus directement opérationnels qu'un docteur toujours soupçonné d'être un professeur Nimbus peu en phase avec les réalités économiques. Un cliché très loin des réalités exposées par les sept chercheurs présents.

L'un d'entre-eux, Matthieu Yoger a même regretté qu'il n'y ait "pas davantage de doctorants en Cifre" chez Schneider Electric et plus généralement dans l'industrie. Pour lui, la raison vient d'une formation avant le doctorat "insuffisamment ouverte sur le monde de l'industrie. La convention Cifre apporte le côté pragmatique et concret au monde de la recherche." Il a ainsi interpellé la secrétaire d'Etat pour que les thèses réalisées en entreprise se développent. Geneviève Fioraso a répondu en rappelant deux chiffres montrant que le secteur privé n'en a pas pour son argent. Cinq ans après l'obtention du titre de docteur, la moitié d'entre eux travaillent dans la recherche publique, et seulement 25 % dans des entreprises privées, alors que ces mêmes entreprises financent à hauteur de 63 % la recherche en France

" Les vraies questions sont dans l’industrie "

Pourtant, Vincent Mazauric, qui a soutenu sa thèse en 1991 en est convaincu : "les vraies questions sont souvent dans l'industrie. En dehors, on risque de s'intéresser au sexe des anges. Dans l'industrie, le docteur est obligé de se remettre en question régulièrement, car tout bouge." Fabrice Jadot considère pour sa part que l'ingénieur maîtrise la simulation, quand le docteur accède à la modélisation.

De leur côté, les représentants de Schneider Electric ont estimé que la bonne intégration des doctorants passe par une vraie reconnaissance des filières d'expertise à côté des filières managériales. C'est l'objet du programme Edison développé par l'entreprise, un programme qui concerne 300 personnes à travers le monde. Le PDG a aussi rappelé qu'une fois embauché le docteur était considéré comme un salarié lambda, puisque la politique menée chez Schneider consiste à valoriser les hommes plutôt que les titres sur une carte de visite, a-t-il expliqué en substance. Ainsi, l'entreprise indique qu'elle considère les trois années de doctorat comme des années d'expérience professionnelle quand elle embauche des docteurs. Cette mesure répond au mécontentement de nombreux docteurs qui ont longtemps estimé que leurs années de formation en thèse n'étaient pas valorisées par le monde professionnel.

Une position valable aussi bien pour les doctorants en sciences dites "dures" que pour ceux réalisant des recherches en sciences humaines, comme ces doctorants en sciences de gestion ou en sciences politiques, comme Maxime Gouallin qui mène des travaux de recherche sur l'éthique et la responsabilité.

Christophe Bys


 


 

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