La méthanisation, mine d'or d'engrais vert

La société d'ingénierie Akaeno a mis au point une technologie permettant de produire des engrais verts à partir des résidus de la méthanisation.

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La méthanisation, mine d'or d'engrais vert

Son téléphone n'arrête pas de sonner. Sa boite mail déborde. Isabelle Motte est encore étourdie de l'accueil de sa technologie par le marché. « J'ai des retours positifs à 95% y compris des banques », se réjouit la présidente de la société Akaeno. Son coup de maître : une technologie, présentée au Salon de l'Agriculture en février dernier, qui pourrait apporter une petite révolution dans l'univers de la méthanisation.

L'idée de la société spécialisée dans la valorisation des déchets basée à Marsillargues (Hérault) est de produire des engrais verts à partir des résidus issus du processus de méthanisation (voir encadré). Ces digestats sont en effet de véritables mines d'or. Ils contiennent de l'azote, du phosphore et de la potasse (NPK), matières fertilisantes entrant dans la composition des engrais.

Qu'est-ce que la méthanisation ?
La méthanisation consiste à utiliser des bactéries pour dégrader la matière organique contenue dans des déchets agricoles, des ordures ménagères et des boues de stations d'épuration…. Elle génère du biogaz (valorisé en chaleur et/ou en électricité) mais aussi des digestats actuellement épandus. Si le procédé reste encore peu développé en France (une petite dizaine d'unités contre plusieurs milliers en Allemagne), deux mesures récentes pourraient doper la filière. La méthanisation a en effet été reconnue comme une activité agricole à part entière. Par ailleurs, une hausse du tarif d'achat de l'électricité produite à partir du biogaz devrait intervenir d'ici la fin du mois d'avril.
Ces résidus sont pour l'instant conditionnés avant de retourner dans le sol via l'épandage, le compostage ou l'enfouissement. « La présence dans les sols de matières fertilisantes en trop grande quantité posent des problèmes environnementaux comme la prolifération des algues vertes. Nous avons eu l'idée de les extraire pour en faire des engrais renouvelables », poursuit la dirigeante. La technologie Enoferti, qui a nécessité deux ans de travaux, se veut une alternative à la fabrication des engrais chimiques. Ils sont aujourd'hui produits à partir de matières premières importées (phosphore, potasse...) Qui ont tendance à … se raréfier.

« Nous sommes actuellement en train de construire une trentaine de méthaniseurs dotés de ce procédé. Ils seront exploités à partir de 2012 par STPI, la maison-mère d'Akaeno. En parallèle, nous en construisons 20 autres pour le compte de regroupements d'agriculteurs ». Ces installations régionales recevront des déchets d'agriculteurs (lisiers de porc, fientes de volaille, résidus agricoles..) et d'industries agro-alimentaires (déchets d'abattoirs, de légumes…). Elles tireront leurs revenus de la vente de l'électricité produite à partir du biogaz et des engrais minéraux extraits. Ces derniers pourraient être revendus en collaboration avec les agriculteurs. A terme, Akaeno souhaite aller plus loin en récupérant tout ce qui se niche dans les digestats comme l'éthanol ou la lignine.

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