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La mémoire holographique sort du laboratoire

Publié le

Après des années de retard et de faux espoirs, le stockage holographique sur disque démarre enfin, avec des perspectives de mémorisation jamais atteintes.

InPhase Technologies, essaimage de Lucent Technologies, concrétise l'espoir des Bell Labs d'AT&T, à savoir des mémoires holographiques gigantesques sous un format suffisamment conventionnel pour ne pas être forcé de tout réinventer. Les premiers clients, dont Lockheed Martin et Turner Broadcasting, peuvent désormais stocker jusqu'à 300 gigaoctets (Go) de données sur un seul disque de 13 cm de diamètre (contre 12 cm pour un CD ou DVD classique), en attendant les générations suivantes à 800 Go puis 1,6 téraoctets (1000 gigaoctets) par disque! Une aubaine pour les besoins d'archivage des grandes entreprises et organisations : l'équivalent d'une soixantaine de DVD par disque, dans un premier temps.

Des compromis payant

Les promesses du disque holographique

  • Capacités : 300 GO en 2007, 800 GO en 2008 (300 GO réinscriptibles), 1600 GO en 2010 (800 GO réinscriptibles).
  • Taux de transfert : 20 MO/s en 2007, 80 MO/s en 2008, 120 MO/s en 2010.
  • Durée de vie estimée : 10 millions de cycles de lecture.
Le disque holographique est une prouesse de compromis technologiques, par opposition à des projets de stockage plus anciens mais difficiles à industrialiser comme les cristaux holographiques d'IBM au centre d'Almaden (Californie). Ce qui a permis à InPhase de concrétiser, avant tout, la formulation du matériau de stockage lui-même, qui est longtemps resté un problème délicat, surtout quand le matériau est appliqué en couche mince (1,5 mm) et très plane sur un disque.

Le matériau en question, baptisé Tapestry, possède cinq formulations différentes pour trois types de longueurs d'onde et a déjà été acquis par plusieurs géants de l'électronique, de Philips à Toshiba en passant par Hitachi. Au lieu d'un simple laser et de son optique associée, le graveur holographique commence par séparer le faisceau en deux (signal et référence) puis fait passer le faisceau de signal à travers un modulateur spatial qui transforme l'information binaire initiale en un motif optique en damier. Ce dernier, faisant office de page élémentaire, est imprimé sur le disque sous forme d'hologramme au point où les deux faisceaux lasers se rejoignent.

On multiplie les hologrammes stockés en modifiant la position du disque, la longueur d'onde ou l'incidence des faisceaux. En lecture, le faisceau de référence illumine la position précédente, reconstituant l'information. La technologie a certes encore des limites. L'accès aux données se fait à 20 mégaoctets/s (elle passera ultérieurement à 80 puis 120 mégaoctets/s), le lecteur Tapestry lui-même coûte la bagatelle de 18000 dollars et le prix de chaque disque est de 180 dollars. De plus, la durée de vie du support est estimée à une cinquantaine d'années une fois enregistré et seulement à trois ans pour un disque vierge. Et ce n'est pas encore une certitude. Tapestry ne va donc pas menacer la technologie des DVD : un lecteur Blu-ray coûte environ 600 dollars et un disque de 25 Go coûte environ 13 dollars. Pour les très grands consommateurs d'archivage, plutôt utilisateurs de bandes magnétiques et de cartouches magnéto-optiques, 2007 sera marquée d'une pierre blanche. Un lecteur réinscriptible est prévu pour 2008.

Philippe Deroin

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