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La mémoire dans la peau

Guillaume Dessaix

Publié le

La mémoire dans la peau
Hiver 64, la Lincoln présidentielle se refait une santé.
© DR.

La Ford Lincoln quitte le Parkland Hospital, vide et maculée de sang. Kennedy est mort. Johnson prête serment dans le vol retour, tandis que la voiture prend la direction du garage des services secrets à Washington. Les enquêteurs passent un mois à relever les fragments de balles et de crâne. La berline est une pièce à conviction. Elle pourrait devenir une pièce du musée des horreurs de l’Amérique. Certains veulent la détruire, la compresser pour oublier que c’est arrivé. Ce ne sera pas sa destinée.

Décembre 1963, la Lincoln repart pour la carrosserie Hess & Eisenhardt, à Cincinnati. Là où deux ans plus tôt, le cabriolet tout neuf avait été dépecé : deux fauteuils supplémentaires, une transmission améliorée, un fauteuil hydraulique pour rendre le Président plus visible, des marches rétractables pour les agents, une peinture spéciale appelée bleu de minuit et une capote plus haute qu’à l’ordinaire, que Kennedy souhaitait voir ouverte, comme à Dallas. Le 15 juin 1961, la X-100 est livrée à la Maison Blanche, louée pour 500 dollars annuels.

Après l’assassinat, la Lincoln est la seule voiture à la hauteur pour convoyer un Président. En concevoir une nouvelle prendrait quatre ans. Alors, pendant cinq mois, on refait, on maquille, on change de peau. Un toit permanent, des vitres blindées, un réservoir d’essence enveloppé d’une mousse pour éviter toute explosion, un moteur plus puissant. En attendant, le patron du FBI Hoover prête sa berline à Johnson. Les coûts de rénovation s’élèvent à plus de 200 000 dollars, partagés par la Ford Company et le gouvernement. Quand la Lincoln est livrée le 1er mai 1964, le Président voit rouge : elle est toujours bleu nuit, trop associée au rouge sang et au tailleur rose. Il exige qu’elle soit repeinte en noir. Méconnaissable, la « voiture de la mort » officie jusqu’à la présidence de Gerald Ford.

Trônant dans le musée Ford depuis 1977, la Lincoln repose non loin d’un autre stigmate de l’histoire américaine. Le fauteuil à bascule rouge, souillé de sang, dans lequel Abraham Lincoln a été assassiné en 1865. Au théâtre Ford. 

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