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La manne du tourisme d’affaires

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Paris entend renforcer sa position de grande métropole mondiale du tourisme d’affaires, grâce à la vaste opération de rénovation du Parc des expositions de la Porte de Versailles.

La manne du tourisme d’affaires
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© International congress and convention association.

Quelque 500?millions d’euros. C’est la somme que Viparis, le gestionnaire du Parc des expositions de la Ville de Paris, va investir d’ici à dix ans dans la rénovation du Parc des expositions de la Porte de Versailles. « Le site dispose d’un atout considérable comparé à d’autres parcs : sa position géographique au cœur de la ville. Mais le parc qui appartient à la ville de Paris est aujourd’hui vieillissant et sa rénovation était urgente, explique Michel Dessolain, le directeur général de Viparis. Plus de 60 % du parc vont être rénovés, avec des bâtiments démolis et reconstruits ou modernisés. Nous allons aussi améliorer les flux logistiques et accorder un traitement important au volet paysager. L’objectif est d’en faire un lieu de vie et de l’ouvrir sur la ville. »

5,5?milliards de retombées économiques

Ce projet va renforcer la position de l’Ile-de-France sur le marché des congrès et salons, un secteur où la région excelle déjà. Selon une enquête de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Ile-de-France, elle se classait, en 2014, au premier rang mondial des salons de plus de 500 exposants. Et avec quelque 1 000 congrès dans l’année, elle figurait aussi en tête du classement de l’International congress and convention association (Icca). Le tourisme d’affaires constitue une des grandes filières économiques de la région Ile-de-France. Il génère près de 5,5?milliards d’euros de retombées économiques et représente environ 90 000 emplois. À eux seuls, les salons franciliens ont apporté près de 4,4?milliards de recettes, dont un peu plus de la moitié est liée aux dépenses de séjour. Avec plus de 710 000 mètres carrés d’équipements d’accueil dédiés aux manifestations professionnelles, l’Ile-de-France propose l’offre la plus riche et variée d’Europe, avec trois parcs de grand gabarit : Paris Nord Villepinte (246 000 mètres carrés), la Porte de Versailles (222 000 mètres carrés) et le Bourget (80 000 mètres carrés).

Sa localisation au cœur de l’Europe est aussi un atout pour toucher une large clientèle. En 2014, le volume d’affaires réalisé sur les salons franciliens s’est élevé à 20,8?milliards d’euros, dont 9,2?milliards pour les exposants étrangers. Le nombre de ces derniers a atteint un record de 30 323, en hausse de 6,9 % par rapport à 2013. Les bonnes performances des salons franciliens reflètent également les forces de l’économie locale. La région-capitale est le numéro?1 mondial pour le secteur de l’agriculture et de l’alimentation, ainsi que pour celui de la défense et de la sécurité. « La destination est associée à un savoir-faire reconnu. Ainsi, celui des industriels français du bâtiment est mondialement renommé », note Guillaume Loizeaud, le responsable du Mondial du bâtiment chez Reed Expositions, pour expliquer la relative résilience de cette manifestation qui se tient tous les deux ans. L’édition 2015 s’est soldée par un recul de seulement 4 % du nombre de visiteurs (300 000) et une baisse sensiblement similaire du nombre d’exposants.

Ce lien entre vitalité de l’industrie et salons explique aussi que la première concurrente de l’Ile-de-France en Europe soit l’Allemagne, dont les places fortes (Munich, Nuremberg, Francfort, Düsseldorf, Hanovre) sont devenues les championnes pour l’organisation des salons professionnels. « Indépendamment d’être une grande métropole et de bénéficier d’un écosystème intéressant, la force de Paris est également d’être un symbole », argumente Renaud Hamaide, le directeur général du groupe Comexposium. Paris joue sur son image glamour, sa richesse patrimoniale, sa vie culturelle. « On a la prétention de croire que Paris offre plus de charme que ses concurrentes. Le choix de Paris permet aux organisateurs de congrès d’attirer plus de participants », avance Clément Laloux, le directeur marketing de l’Office du tourisme et des congrès de Paris.

En concurrence avec Barcelone et Vienne

Très mobiles, les congrès jouent eux de la concurrence permanente entre les territoires. En lutte avec Barcelone en Espagne ou Vienne en Autriche, Paris ambitionne d’accueillir les plus grands événements internationaux. Non sans raison. Généralement plus aisé que le visiteur d’un salon, le congressiste moyen dépense entre 1 000 et 1 200 euros par séjour Pour autant, la région-capitale manque d’une très grande infrastructure. Cette lacune sera comblée à l’horizon 2018 avec la construction du Paris Convention Centre à la Porte de Versailles. « Cet équipement sera doté de la plus grande salle plénière d’Europe pouvant recevoir 5 200 personnes assises. Nous aurons alors la capacité d’accueillir les manifestations avec des jauges de 10 000?à 30 000 participants. Sa réalisation est l’une des motivations principales du chantier de rénovation du parc. Nous voulons faire de Paris l’une des capitales mondiales des conférences et expositions. Pour cela, nous devons accueillir davantage de grands congrès internationaux », précise Michel Dessolain.

Viparis et les professionnels du tourisme d’affaires travaillent aussi sur la « guest attitude », un concept visant à donner du confort et du plaisir aux organisateurs, aux exposants et aux visiteurs. Mais qui ne doit pas s’arrêter à la qualité de l’accueil sur le salon ou le congrès. « Le visiteur ne découpe pas son expérience, analyse Guillaume Loizeaud. Il porte une appréciation globale sur la destination en agrégeant tout : le temps mis pour aller au parc, les bouchons, la qualité de l’offre du salon, de la restauration, des personnels d’accueil, de la sécurité. » 

Le parc des expositions de Paris veut susciter le désir

 

« Notre positionnement marketing tient dans l’idée d’exposition universelle permanente. Un espace de partage, où la culture se renouvelle constamment », résume Michel Dessolain à propos de l’opération de rénovation du Parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris. Le directeur général de Viparis dit vouloir travailler sur la « désirabilité du site ». « L’expérience de visite est quelque chose d’essentiel, explique-t-il. Faire venir des gens une fois, c’est possible, mais nous nous inscrivons dans la récurrence. » Viparis a fait appel à la fine fleur de l’architecture française pour concevoir le plan de masse ainsi que l’habillage des façades de plusieurs halls d’exposition. Les bâtiments se pareront de vert. 70 000 mètres carrés d’espaces végétaux, dont 52 000 mètres carrés de toitures végétalisées, sont prévus. S’y ajouteront 1,7 kilomètre de ceinture végétale pour la détente des visiteurs et des Parisiens. Le hall 7 sera partiellement transformé pour accueillir le futur centre de congrès, le Paris Convention Centre, qui sera le plus grand d’Europe. Deux congrès médicaux, représentant 19 000 personnes, y sont déjà prévus en 2018. À cette date, les congressistes devraient pouvoir s’attabler à la table d’un grand chef, dont l’installation sur le site est espérée. Enfin, deux hôtels seront construits, offrant une capacité de 440 chambres. 

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