La Lyonnaise des Eaux contraintes à de lourdes concessions à Bordeaux

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La Lyonnaise des Eaux contraintes à de lourdes concessions à  Bordeaux
Alain Rousset, président de la Communauté Urbaine de Bordeaux et Bernard Guirkinger, P-DG de Lyonnaise des Eaux, ont signé vendredi, un protocole d'accord qui oblige la Lyonnaise, délégataire du service de l'eau depuis 1992, et ce pour trente ans, à faire d'importantes concessions. La société va ainsi devoir injecter 302 millions d'euros en investissements dans le réseau d'ici à la fin 2021, contre 146 millions d'euros qui avaient été prévus. Elle s'engage aussi à remplacer les 65 000 branchements plomb pour se conformer à l'échéance légale de 2013.

Si au terme du contrat, ces investissements ne sont pas réalisés, la Lyonnaise versera tout simplement à la CUB la somme correspondant aux travaux non exécutés. De plus, le délégataire accepte la mise en place d'une nouvelle structure tarifaire, à savoir, une baisse du prix de l'eau de 10 % sur les 50 premiers mètres cubes consommés. Cette mesure qui lui coûtera 20,3 millions d'euros, devrait permettre de « concilier la lutte contre le gaspillage de l'eau et les impératifs du soutien social » indique le protocole d'accord. Quant aux compteurs d'eau et aux récepteurs transmetteurs mis en place pour le télé-relevé des compteurs, propriétés du délégataire, ils seront restitués en fin de contrat à la CUB, sans aucune compensation financière pour la Lyonnaise.

Autre engagement qu'elle devra tenir : réaliser d'ici la fin de la concession, des gains de productivité d'environ 30 millions d'euros. Mieux, la société se voit embarquer dans la culture du « gagnant-gagnant », avec un système de « bonus malus ». En clair, le délégataire souscrit à 61 engagements relatifs à la qualité du service et qui répondent aux exigences liées au développement durable (lutte contre le gaspillage, goût de l'eau...). Des résultats précis ont donc été fixés. S'ils ne sont pas là, dans les délais prescrits, il y aura des pénalités. Dans le cas contraire, ce sera des bonus. Ce système de bonus malus va se concrétiser au travers d'un fond de performance. C'est en juillet 2005 qu'Alain Rousset, fort d'un audit externe, qui chiffrait les surprofits » de la Lyonnaise à 29,3 millions d'euros, a dépêché l'inspection des services de la CUB confié à Jean-Louis Joecklé, au chevet de la société, pour un audit complémentaire, entre octobre 2005 et septembre 2006.

Autant dire que Jean-Louis Joecklé, ex-magistrat au tribunal administratif, n'a pas lâché le morceau. « La partie a été rude. Il a fallu les forcer à nous ouvrir leurs comptes. On est même allé jusqu'à la menace d'une saisine par le juge du tribunal administratif » se rappelle t-il. Une première pour le délégataire. « Notre comptabilité n'a jamais été autant fouillée. C'est la première fois que l'on va aussi loin. Cela n'a pas été facile » confesse Luc Dirickx, directeur régional de la Lyonnaise des Eaux. Et d'ajouter : « Cette exigence de la part de la collectivité nous pousse à être " bons ". On est demandeurs ». Pas de problème. En janvier prochain, la CUB va s'attaquer au dossier de l'assainissement. Mêmes méthodes, même équipe. La Lyonnaise est prévenue.

De notre correspondante en Aquitaine, Colette Goinère

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