La lutte contre la volatilité des prix au coeur du 1er G20 agricole

Les ministres de l’Agriculture du G20 se retrouvent jeudi 23 juin à Paris pour négocier un accord sur la lutte contre la volatilité des prix des produits agricoles. La veille, mercredi 22, des experts planchaient sur la question pour préparer le terrain. Et le ministre de l’agriculture français Bruno Le Maire annonçait un compromis difficile à trouver pour les vingt économies les plus puissantes de la planète.

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La lutte contre la volatilité des prix au coeur du 1er G20 agricole

Pour la première fois, l’agriculture est à l’agenda du G20. "Un milliard de personnes connaît la faim dans le monde et on parle de la disparition des paysans", dénonçait Nicolas Sarkozy, président du G20, lors de son discours au forum des agriculteurs du 16 juin. Face à ce phénomène, il a décidé de convoquer une réunion dédiée à ce thème. Pour Paris, la question est urgente puisque que les matières premières agricoles sont reparties à la hausse depuis plusieurs mois, dans un contexte de raréfaction.

Du côté des industriels, "le risque existe de voir une partie des entreprises, en particulier des PME, et des emplois mis en difficulté, face à la difficulté de répercuter ces variations jusqu’au consommateur", souligne Jean-René Buisson, le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania). Pour lui, "il est urgent que le G20 parvienne à un accord rendant les fluctuations soutenables".

Autant de problématiques que les ministres sont chargés de régler. "Le premier objectif de la réunion est donc de calmer la volatilité "excessive" des prix des produits agricoles", rappelle le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire, mercredi 22 juin, lors de l’ouverture du sommet.

Pour répondre à ce défi, Paris propose un plan en cinq points : transparence des marchés physiques, augmentation de la productivité, coordination de la production agricole mondiale, réduction des effets de la volatilité sur les plus faibles et des propositions sur les régulations des marchés financiers. "Ce sera difficile d’arracher un accord" tant les "divergences sont profondes", estime Bruno Le Maire.

Cinq propositions pour l'agriculture mondiale

Une partie du plan est pourtant consensuelle. Par exemple, la proposition de mettre l’accent sur les rendements des productions de blé et de riz. Tous les pays s’accordent pour dire que des gains de productivité, via des investissements, sont nécessaires pour nourrir la planète. Pour éviter une crise alimentaire comme en 2008, les ministres proposent aussi de constituer des stocks dans des régions pauvres où vivent 927 millions de personnes affamées (chiffre de la FAO). On piocherait dans ces réserves humanitaires en cas de flambée des prix pour les pays les plus vulnérables.

Une autre proposition remporte une large adhésion, celle qui avance l’idée d’une coordination agricole mondiale. Concrètement, il s’agirait de mettre en place un "forum de réaction rapide". Il permettrait de coordonner les réponses des membres du G20 en cas de crise alimentaire. Pour posséder les informations nécessaires, il faut une garantie de transparence.

Ce qui implique une garantie de transparence. Et sur ce point, les pays ont du mal à trouver un consensus. La proposition de transparence des marchés physiques évoquée par le G20 prévoit la création d’une base de données des niveaux de consommation et des stocks concernant dans un premier temps les céréales les plus consommées : maïs, riz et blé. Le soja est également présent dans la liste. Cette base de données est baptisée Amis (Système d’information des marchés agricoles) et dépendrait de la FAO. Ce système est contesté du fait de son coût supposé. Et certains pays comme la Chine et l'Inde considèrent que livrer de telles informations mettrait en jeu leur souveraineté nationale.

Mais la question de la transparence n'est pas le seul thème délicat du G20. La régulation des marchés financiers est critiquée notamment par le Royaume-Uni et l’Australie. Malgré ces réticences, "il n'y aura pas de demi-mesure, ce sera fumée blanche ou fumée noire", prévient le ministre Bruno Le Maire. Il assure que Paris ne signera pas d'accord qui ne ferait pas mention de la régulation des marchés financiers.

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