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L'Usine Aéro

La lutte anti-drones proche du cap industriel

Olivier James , , , ,

Publié le

 Suite aux vols illégaux de drones qui se sont multipliés depuis deux ans, les autorités ont poussé au développement de solutions. Opérationnelles, elles vont devoir convaincre sur le plan commercial. la base aérienne de Vélizy Villacoublay (Yvelines) accueillait vendredi 18 novembre la première démonstration officielle de solutions anti-drones.  

La lutte anti-drones proche du cap industriel
L'iimposant brouilleur anti-drone de la PME MC2 Technologies
© Olivier James

La riposte anti drones s’organise. Vols malveillants au-dessus des centrales nucléaires, prises de vue illégale en zone urbaine, accidents évités de justesse au niveau de certains aéroports, crash sur une plage… Depuis bientôt trois ans, l’actualité du dynamique secteur des drones est émaillée d’incidents. Outre le danger qu’ils représentent, ils nuisent à son image et pourraient à terme freiner son développement, en particulier concernant les usages professionnels.

Face à cette menace diffuse, les autorités peuvent se targuer d’avoir structuré une réponse : avec un appel à projets lancé en décembre 2014 par l’Agence nationale de la Recherche (ANR) pour le compte du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) et une enveloppe globale supérieure à 4 millions d’euros. Trois groupement, sur 24 dossiers,  sont sortis du lot. Désignés en avril 2015; ils ont depuis développé leurs solutions. Ces projets sont en phase de pré-industrialisation, précise Louis Gautier, secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale. La balle est maintenant dans le camp des industriels".

Trois projets complémentaires

Les trois projets lauréats, Angelas, Boréades et Spid, se rejoignent dans l’approche globale choisie, avec une contre-attaque en trois étapes : localiser, identifier, neutraliser. Au vu de la multiplicité des scénarios possibles – sites industriels, manifestations, zones urbaines… – tous les acteurs s’accordent à dire que la réponse nécessite l’usage d’une batterie de solutions. Loin de l’Armée de l’air française et de ses aigles dressés pour intercepter des drones, les réponses tiennent davantage du domaine des technologies numériques.

La solution Spid a été développée grâce à l’expertise fournie par 18 partenaires. Elle comprend en particulier des technologies de détection comme le radar actif, la radiogoniométrie (technologie passive) et l’acoustique. Des équipements qui peuvent être intégrés à un véhicule.

"Notre priorité était de mettre au point un système simple à déployer et capable d’être utilisé par des personnels non formés, résume Eric Georges, président et fondateur de Roboost, filiale de la PME Byblos en tête du projet. Le montant pour la protection permanente d’un site varie de 50 000 à 1 million d’euros".

Un brouillard anti-drones digne de Star Trek

Pour Boréades, emmené par la PME CS comme tête de file, la riposte passe par une imposante console, véritable interface entre les données de détection et les ordres à envoyer en réponse. "C’est un système de combat intégré, assène Denis Chaumartin, l'un des responsables de la société. Son montant peut aller de 250 000 à plus d’un million d’euros". Et le dirigeant de désigner du doigt la clé sur la console proche du clavier qu’il faut actionner pour donner l’ordre de neutralisation. L’arsenal de CS est impressionnant : radar, caméra thermique, optronique, tourelle avec écartomètre pour suivre la cible, technologies de brouillage… "Il faut deux heures pour tout déployer", assure Guillaume Grimaldi, le chef du projet Boréades.  Aussi de la partie, la PME MC2 Technologies et son imposant brouilleur anti drone semblant tout droit sortir d’un film de science-fiction.

Le dernier projet, Angelas, s’inscrit à plus long terme. Son chef d’orchestre, le centre français de recherche aérospatiale (ONERA) voit dans cet appel à projets la possibilité de tester des technologies moins matures, à l’image du radar passif de longue portée capable de collecter toutes les ondes électromagnétiques sans se faire repérer. Ce qui suppose de distinguer la signature d’un drone dans tout ce bruit… "Notre objectif est d’étudier un large panel de technologies, reconnaît Henry de Plinval, directeur du programme Drones à l’Onera. C’est le cas par exemple de l’imagerie laser 2D qui permet d’appréhender la forme du drone". Le projet prévoit aussi pour neutraliser l’intrus des systèmes tels que l’éblouissement par laser et stroboscopie.

Ce nouveau cap technologique intervient alors même que le volet législatif évolue. Une nouvelle loi sur les drones a été promulguée le 24 octobre. Elle  renforce notamment les sanctions en cas de vols au-dessus d’un site sensible et impose une immatriculation pour les drones de plus de 800 grammes.

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