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L'Usine Agro

"La loi d’avenir agricole peut améliorer la loi sur la consommation", estime Richard Panquiault

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Entretien Pour Richard Panquiault, le nouveau directeur général de l'Institut de liaisons et d’études des industries de consommation (Ilec), la loi sur la consommation, récemment adoptée au Parlement, risque de renforcer "la pression des distributeurs sur les industriels", du fait d’un article introduisant une notion de compensation "abusive" de marges. Il espère profiter de la loi d’avenir agricole, portée par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, pour supprimer toute ambiguïté.  

La loi d’avenir agricole peut améliorer la loi sur la consommation, estime Richard Panquiault © Ilec

L’Usine nouvelle - Vous avez rejoint l’Ilec en septembre en tant que directeur général, un poste qui n’existait pas jusque-là. Quel est votre rôle ?

Richard Panquiault - Nos adhérents ont souhaité un changement de gouvernance. Jusqu’à présent, il y avait un président bénévole, Olivier Desforges, et un délégué général chargé de la gestion opérationnelle. Un poste de directeur général a été créé en fusionnant les fonctions du délégué général et une partie de celles du président. C’est lui qui doit porter désormais les sujets politiques et législatifs auprès des pouvoirs publics notamment. Parallèlement, un nouveau président a été nommé en décembre, en la personne de Romain Nouffert, actuel président directeur général de Lesieur.

La loi sur la consommation a été adoptée récemment au Parlement, après de longs mois de débats. Etes-vous satisfait de son contenu ?

Nous notons des points positifs qui vont dans le bon sens : le pouvoir renforcé de la DGCCRF avec la possibilité de sanctions accrues en cas d’abus, la latitude qui lui est offerte de rendre ses décisions publiques, avant un éventuel appel, et l’affirmation des conditions générales de vente (CGV) comme socle unique de la négociation.

En revanche, il y a clairement une régression sur les compensations de marges. Une disposition stipule que seul le "maintien ou l’accroissement abusif des marges" serait proscrit. Cela revient de facto à légaliser la "compensation de marge". Comment et qui pourra clarifier la notion d’abus ? Cela va renforcer la pression sur les industriels tout au long de l’année et alimenter la spirale déflationniste sur les produits de grande consommation, qui détruit de la valeur sur l’ensemble de la filière et appauvrit dangereusement tous les acteurs : producteurs, industriels et distributeurs. Sur le seul mois de janvier, les prix des grandes marques ont reculé de 3,7 % en valeur. 

Il est trop tard pour tenter de modifier le texte. Espérez-vous un nouveau texte prochainement ou des décrets qui pourraient lever l’ambiguïté ?

La rédaction de l’article est malencontreuse, mais cet article, introduit tardivement dans le processus législatif, n’a pas bénéficié d’échanges et de débats aussi nourris et argumentés que d’autres. Nous espérons pouvoir introduire dans la loi d’avenir agricole, prochainement discutée devant le Sénat, un avenant pour revoir la rédaction du texte sur la compensation abusive. Nous sensibilisons les Parlementaires actuellement sur le sujet. Dans tous les cas, nous allons demander à la DGCCRF une circulaire d’interprétation sur la loi de consommation.

Richard Panquiault est entré dans l'univers des entreprises de grande consommation en 1985, au sein d'Unilever puis de Kimberly Clark dont il devient le directeur général en 1998. Il a également été directeur général de la joint-venture Lixir de 2002 à 2011, dans les spiritueux. Richard Panquiault est diplômé de Sciences Po Paris et titulaire d'un MBA de l'Université de San Francisco. L’Ilec représente les grandes marques de la consommation, avec 70 adhérents comme Unilever, Procter & Gamble ou encore Danone.

Propos recueillis par Adrien Cahuzac

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