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La location de logiciel s'impose enfin

Aurélie Barbaux ,

Publié le

Sous la pression de nouveaux acteurs et de la demande des clients, les grands éditeurs sont contraints à proposer leurs progiciels en location.

Une révolution est en marche dans le secteur du logiciel. De plus en plus d'applications sont proposées sur le mode de la location hébergée. Selon les cabinets d'études IDC et Markess International, 5 à 8 % des logiciels utilisés en France par les entreprises le seraient sous cette forme.

Lancé il y a six ans avec l'arrivée d'internet, ce modèle - aussi baptisé ASP (de l'acronyme servant à désigner les opérateurs qui hébergent les applications) ou « on-demand », pour décrire un mode de consommation du logiciel plus proche du service - a eu du mal à s'imposer. « Il y a encore trois ans, seul le mode licence-maintenance classique fonctionnait », reconnaît Pierre José Billotte, président de l'ASP-Forum, une association française regroupant une trentaine de membres tous impliqués dans la promotion de l'ASP. Ce n'est plus le cas.

Portée par la généralisation des connexions haut débit dans les entreprises (89 % des PME en France, selon l'enquête BNP-Paribas Lease Group), la location d'application n'a aujourd'hui plus rien d'un épiphénomène. Elle est même de plus en plus souvent réclamée par les clients professionnels, grands comptes ou PME. Un baromètre lancé en 2005 par le guide d'achat en ligne Companeo indique que le pourcentage de demande de devis des PME et TPE françaises pour des logiciels en ASP varie de 10 % pour les applications de paie à 50 % pour la comptabilité.

Car contrairement aux idées reçues, le mode « on-demand » ne touche pas que les outils de gestion de la relation clients (CRM). Mêmes des logiciels très métiers, comme les outils de gestion de données techniques, sont disponibles en ASP. L'éditeur américain PTC a ouvert le bal en octobre 2005. Forcé de suivre, le français Dassault Systèmes a annoncé des projets similaires pour 2006, lors de la présentation de ses résultats, le 9 février dernier.

SAP s'y met à son tour

Pour autant, c'est par le CRM que les grands éditeurs de progiciels de gestion se lancent, afin de contrer la réussite insolente des nouveaux entrants comme l'américain Salesforce.com. Dernier en date, l'allemand SAP. Siebel, racheté par Oracle, avait en effet déjà réinvesti le marché du « on-demand » depuis deux ans, grâce à une nouvelle offre issue d'une acquisition. Pour sa part, Microsoft avait suivi, mais avec une solution partielle. L'offre annoncée par SAP le 2 février dernier - un peu précipitée, réservée au marché nord-américain et limitée en termes de fonctionnalités - n'a rien, non plus, pour inquiéter les acteurs purement ASP déjà présents. Car ce n'est pas forcément la bonne approche. « Il n'y encore aucun exemple de mutation réussie de grands acteurs vers l'ASP », observe Pierre José Billotte, qui croit plus à la solution consistant à créer des structures indépendantes. Quitte à organiser une concurrence libre entre le réseau de distribution classique et des « spin-off » indépendantes, comme l'a osé Oracle avec NetSuite.

Passer à la location bouleverse en effet le modèle économique, basé sur la vente de licences et les revenus récurrents de la maintenance, et remet en cause le mode de rémunération des commerciaux et leur relation avec les clients. Surtout, la location modifie radicalement la perception des utilisateurs, qui considèrent de plus en plus l'informatique comme un service utilisé et payé à l'usage. Lancé par le cabinet américain Forrester, le terme « SaaS » pour « software as a service », est rapidement entré dans le langage marketing des éditeurs.

Au bout du compte, le grand gagnant de cette mutation pourrait bien être IBM, qui est retenu par les grands éditeurs pour héberger leurs applications en location. Le nombre de ses « data-centers » réservés au « on-demand » devrait encore augmenter.

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