La LGV Est sera totalement opérationnelle en avril 2016

La SNCF et SNCF Réseau ont célébré mardi 31 mars la fin des travaux de la seconde phase de la LGV Est européenne, reliant Paris à Strasbourg. D'un coût de 2,01 milliards d'euros, les 106 kilomètres de la nouvelle infrastructure seront mis en service dans un an, achevant ainsi une ligne opérationnelle depuis 2007.

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La LGV Est sera totalement opérationnelle en avril 2016
Soudure du dernier rail de la LGV Est européenne du 31 mars 2015.

Des rafales à décorner les bœufs balayaient mardi 31 mars à midi les environs d'Eckwersheim (Bas-Rhin), une commune de l'Eurométropole de Strasbourg. De quoi bousculer le protocole et peut-être aussi souhaiter bon vent à la LGV Est européenne, dont les travaux de réalisation de la deuxième phase se sont achevés avec la cérémonie de soudure du dernier rail. Après la phase 1 de 300 kilomètres, mise en service en 2007, ces 106 kilomètres de voies nouvelles complètent une infrastructure qui mettra Paris à 1h48 de Strasbourg (soit un gain de temps de 32 minutes) à partir du 3 avril 2016. D'ici là, il reste encore plusieurs chantiers à mener : essais d'intégration, mise sous tension de la caténaire, essais de monter en vitesse (320 km/h en exploitation commerciale), tests de sécurité...

Les collectivités mises à contribution

La célébration du jour concrétise cinq années de chantiers, depuis les premiers travaux de génie civil lancés en 2010. Le plus gros morceau aura été le percement du tunnel de Saverne (Bas-Rhin), un ouvrage bi-tube long de 4 kilomètres foré par un tunnelier pesant 2 200 tonnes. Le coût prévisionnel de cette deuxième phase s'élève à 2,01 milliards d'euros. L'Etat s'est engagé à verser 680 millions d'euros. Pour l'heure, "l'Etat est débiteur de 200 millions d'euros", pointe Jacques Rapoport, président de SNCF Réseau. Les autres contributeurs sont SNCF Réseau (650 millions d'euros), qui rentabilisera son investissement grâce aux péages dont les compagnies s'acquitteront pour la circulation des trains, les collectivités (régionales, départementales, communautaires...) des régions Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace (518 millions d'euros), l'Europe (118 millions d'euros) et le Luxembourg (40 millions d'euros).

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Un projet aux multiples enjeux

La mise en service de cette deuxième phase va renforcer l'attractivité de Strasbourg. "La première question pour les entreprises, c'est les mobilités. Sans mobilités, il n'y a pas de développement économique", rappelle Robert Hermann (PS), président de l'Eurométropole de Strasbourg. Le président de la SNCF, Guillaume Pépy, souligne que les entreprises pourront bientôt envisager des allers-retours Paris-Strasbourg sur une demi-journée seulement.

Mais l'intérêt de cette extension de 106 kilomètres de la LGV ne se résume pas à la demi-heure gagnée entre Paris et Strasbourg, loin s'en faut. A l'échelle du continent et sur l'axe Est-Ouest, elle contribue à la réalisation de Magistrale, futur axe ferroviaire à grande vitesse pour l'Europe, qui court de Paris à Bratislava : Paris-Munich se fera bientôt en 5h30, contre 8h30 avant 2007. Sur l'axe Nord-Sud, grâce au raccordement vers une ligne classique à Lucy (Moselle), ce nouveau tronçon raccourcit de 45 minutes le temps de parcours entre Strasbourg et Luxembourg, et au-delà Bruxelles. Un atout pour le rôle européen de Strasbourg. La capitale alsacienne en tirera également le bénéfice de deux haltes de rames circulant entre Paris et Francfort, ce qui facilitera les liaisons vers le très fréquenté aéroport de la ville allemande.

"La colonne vertébrale de la grande région"

A l'échelle de l'Est de la France, cette fois, la mise en service de la deuxième phase de la LGV Est européenne permettra de libérer totalement la ligne classique pour y faire circuler davantage de TER et, surtout, de trains de fret. A l'heure de la réforme territoriale, Guillaume Pépy souligne aussi que la LGV sera "la colonne vertébrale de la grande région" Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne. "Faire Reims-Strasbourg en 1h10, ça a du sens dans cette future grande région. C'est à la SNCF de voir avec l'Etat comment on peut prendre en compte cette future dimension", appuie Philippe Richert, président du conseil régional de l'Alsace. De quoi nourrir les discussions à venir sur les dessertes et les tarifs des billets.

Thomas Calinon

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