La lettre du social et du management du 5 au 12 janvier

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L’Anact visée par la Cour des comptes

L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) est vivement critiquée par la Cour des comptes qui a envoyé un référé au gouvernement à ce sujet. C’est d’ailleurs la première fois que la Cour rend public un tel texte (contrairement à ses rapports publics). Nul doute que l’Anact se serait bien passé de ce traitement de faveur, étant donné la teneur des critiques qui lui sont adressées. La Cour, qui a examiné la période allant de 1999 à 2009, pointe notamment une gestion insuffisamment rigoureuse, avec des frais de déplacement annuels plutôt élevés, de l’ordre de 7 000 euros par emploi. Plus fondamentalement, la cour s’inquiète aussi de ce qu’elle nomme un "positionnement incertain" de l’Anact qui a diversifié ses missions, s’intéressant aux questions générales d’emploi ou de développement économique, alors que, comme son nom l’indique, l’Anact est censé s’occuper des conditions de travail. Fort logiquement, la Cour souhaite que soit mis fin "aux irrégularités constatées" et qu’une "démarche durable de maîtrise des charges soit engagée."

L’intérim s’adapte à la conjoncture

Pôle Emploi vient de publier ses statistiques sur l’emploi intérimaire. Ce dernier a reculé en novembre 2001 de 0,6 % en un mois et de 2,7 % sur un an. Le recul est particulièrement marqué dans l’industrie, notamment dans la "fabrication d’équipements électriques, électroniques informatiques et fabrication de machines" (-2,0%) ou la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac (-0,8 %). Ce recul est conforme à l’hypothèse d’une dégradation de la conjoncture, qui rend moins nécessaire le recours à des "extras", d’autant que des statistiques publiées par la Dares indiquent que le recours a globalement augmenté sur la même période (en hausse de 4,3 % entre le 3ème trimestre de 2010 et la même période en 2011). Pôle emploi note qu’en un an l’intérim des femmes baisse davantage que celui des hommes (-6,2 % contre -1,3 %). Autre évolution contrastée : en un an, l’intérim des cadres et des professions intermédiaires (+4.6 % et +2,1 %) progresse quand celui des employés et des ouvriers non qualifiés reculent nettement (-6,4 % et – 8,2 %). L’industrie reste le premier secteur à avoir recours à l’intérim : près de 45 % des intérimaires travaillent pour elle.

Un rapport qui détonne

Pour restaurer la compétitivité des entreprises en France, il n’est pas sûr qu’agir sur le coût du travail soit la meilleure mesure. C’est l’institut de l’entreprise qui le dit dans son rapport publié le 11 janvier intitulé Pour un choc de compétitivité. Le think tank proche des entreprises met en avant, à l’inverse, une nécessaire action sur les facteurs structurels qui continuent d’obérer la compétitivité française (déclin de la productivité, inadéquation des produits et services made in France à la demande intérieure et mondiale...) L’institut promeut trois mesures phares : la création d’un conseil de la compétitivité, mais aussi un moratoire sur la réglementation fiscale et sociale, ainsi que l’instauration d’un véritable dialogue social qui peut être un facteur de compétitivité. Sur le second point, l’avocat Pascal Lagoutte (cabinet Capstan) estime que "la création d’emplois repose sur la croissance qui elle-même demande une certaine confiance, favorisée par la stabilité juridique." Une sorte de légiférer moins pour travailler plus collectivement…

Christophe Bys

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