La lettre du Social et du Management du 26 aout au 1er septembre

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Râlez, râlez, vous y gagnerez toujours quelque chose

Oubliez ce que vous ont appris vos parents : « la gentillesse ne paie pas ». Ce sont trois universitaires nord américains, Thimothy A Judge, Beth A Livingston et Charlice Hust, qui viennent de publier une étude s’intéressant au lien éventuel existant entre le salaire, le sexe et l’abord des personnes. Et leurs résultats sont plutôt tranchés. Pour gagner plus, il ne faut pas seulement travailler plus, il faut aussi être antipathique. Un homme désagréable gagne en moyenne près de 7 000 euros de plus que son alter ego aimable. Chez les femmes, la tendance est la même, bien que nettement moins prononcée, l’écart n’est que de 1300 euros. Autrement dit, la mauvaise humeur des salariées paient moins que celle des salariés.

L’écart de salaire s’expliquerait par le fait qu’un salarié peu aimable nourrit un préjugé favorable à son égard : il est dans la compétition. A l’inverse, le gentil est prêt plus souvent à donner raison à autrui, à arrondir les angles. Si elle se vérifie, l’information ne va pas contribuer à améliorer l’ambiance dans les bureaux.

Qui veut gagner des millions ?

Que ceux qui gagnent moins de 500 000 euros par an ne se réjouissent pas trop vite. Si pour l’heure, ils ne sont pas concernés par la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus, le président du Sénat n’exclut pas que les parlementaires du palais du Luxembourg votent un texte avec un seuil de déclenchement plus bas. Il est vrai que les élections sénatoriales approchent et que la majorité est réputée menacée.

En tout cas, le coup de pub des dirigeants qui veulent payer plus d’impôt est un succès. Quoi de plus normal après tout, c’est le job de Maurice Lévy, président de Publicis, un des signataires par ailleurs président de l’association française des entreprises privées, la très discrète association regroupant les plus grandes entreprises du CAC 40. Proposer et signer une pétition réclamant de payer transitoirement plus d’impôts n’est sûrement pas dénuée d’arrière-pensées. Il n’empêche c’est un signe que les temps changent. Cela dit quelque chose de l’état d’esprit actuel. Il n’y a pas si longtemps, l’évocation d’une moindre taxe était combattue au nom du risque de fuite des talents ou du nécessaire alignement avec les montants prévalant sur le marché mondial des dirigeants. Aujourd’hui, c’est Waren Buffet, le milliardaire américain qui veut être taxé plus, qui donne le la.

Alain Minc peut cette fois se prévaloir d’avoir été à la pointe des évolutions sociétales, en publiant dès 2009 une tribune remarquée où il exhortait « ses amis de la classe dirigeante» de faire un geste. Pour l’essayiste proche de l’Elysée, la situation était alors pré-révolutionnaire.

Du pain sur la planche pour les directeurs des ressources humaines

La rentrée 2011 n’est pas de tout repos pour les DRH. En tête de leur liste de priorité, il leur faut aboutir à un accord sur le dossier « Prime contre dividendes » avant le 31 octobre. Elle ne concerne que les entreprises de plus de 50 salariés. Pour la fin de l’année, il faudra être au clair sur un plan de pénibilité, là encore cela concerne toutes les entreprises de moins de 50 mais qui emploient au moins 50 % de salariés exposés à des facteurs de pénibilité. Pour le 1er janvier 2012, toutes celles qui n’ont pas encore d’accord ou de plan sur l’égalité professionnelle doivent s’exécuter. Le décret qui le précise est paru le 9 juillet.

Par ailleurs les conséquences du plan de rigueur budgétaire leur imposeront sans doute de se replonger sur le sujet de rémunération et ses à cotés. Le forfait social sur la participation et l’intéressement va passer à 8 % : une hausse d’enveloppe qu’il faut contrôler ou tout au moins anticiper. La taxation des complémentaires santé va sans doute conduire à une inflation des tarifs, ce qui implique d’arbitrer entre une hausse de ce budget, une révision de la couverture ou un bras de fer avec son prestataire de complémentaire pour limiter la répercussion de la taxe.

Christophe Bys

A lire cette semaine dans l’usine nouvelle :

Découvrez comment Oxadis a préparé ses salariés à l’allongement de la durée du travail pour la réforme des retraites.

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