La lettre du social et du management du 19 au 25 aout

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Les heures sup’ touchées mais pas coulées

Pas question de s’attaquer au symbolique « Travailler plus pour gagner plus ». François Fillon, dans la présentation de son plan de rigueur du 24 août, a bien insisté sur ce point : il ne touchera pas à la loi TEPA. Le premier ministre n’a donc modifié qu’à la marge le dispositif de défiscalisation et allègement de charges dont bénéficient les heures supplémentaires depuis la loi sur le Travail, l’emploi et le pouvoir d’achat de 2007. Rien ne change pour les salariés, qui ne sont toujours soumis ni à cotisations sociales, ni à impôt sur le revenu, pour ces heures. En revanche, les entreprises devront intégrer les exonérations de cotisation sur les heures sup’ dans le total annuel de leurs allègements de charges sur les bas salaires. Pas question de cumuler les deux avantages, a expliqué Valérie Pécresse, ministre du Budget. Cette mesure va dans certains cas accroître le coût du travail, ont regretté la CGPME et l’Union professionnelle artisanale. « A l’avenir, ne doutons pas d’une diminution de l’utilisation des heures supplémentaires », anticipent les entrepreneurs de Croissance Plus. Mais l’infléchissement du dispositif reste modeste, il n’est pas sûr qu’il ait de grosses répercussions sur la quantité d’heures supplémentaires proposées par les entreprises. Ce que condamnent d’ailleurs les syndicats, qui demandaient la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, qu’ils voient comme un frein à la création d’emplois. Ils ne sont pas les seuls à réclamer la fin d’un dispositif qui coûte 4,5 milliards d’euros par an aux finances publiques. En juin, un rapport parlementaire signé d’un député PS et d’un député UMP concluait que « la mesure a eu un effet marginal sur l’emploi » et appelait à « la suppression des avantages bénéficiant aux employeurs au titre des heures supplémentaires», dont l’enjeu financier représente 1,3 milliard d’euros. L’infléchissement décidé hier par François Fillon sur les heures supplémentaires ne leur en coûtera que la moitié, 600 millions d’euros.

Les salariés européens veulent un meilleur équilibre entre privé et professionnel

En matière de ressources humaines, les préférences des européens convergent plus vite que leurs déficits. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Robert Half auprès de 2100 personnes travaillant dans 9 pays européens. A la question de savoir, ce qui fait pencher la balance entre deux emplois, à travail et avantages identiques, les européens, répondent quasiment d’une seule voix : l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. Cet item (proposé avec deux autres, la qualité de la relation avec le nouveau manager et les possibilités d’évolution de carrière) recueille plus ou moins 40 % des réponses dans quasiment tous les pays. Les Français arrivent en tête avec 44 % des réponses. La faute aux 35 heures ? Pas si sûr car des pays aussi différents que la Suisse (40 %), la république tchèque (41 %) ou l’Italie (42 %) affichent des taux très proches. Dans ce classement, l’Allemagne apparaît comme le pays où l’équilibre vie privée vie professionnelle ne recueille que 26 % des suffrages.

L’évolution des mentalités est telle que désormais cette question peut même être abordée avec son manager. 75 % des Français le font, 77 % des Italiens mais seulement 31 % des Allemands. Le directeur général de Robert Half international France rappelle que cette volonté de rééquilibrage entre le professionnel et le privé ramollit devant des arguments sonnants et trébuchants. « n’oublions pas que le principal critère pour changer d’emploi est un meilleur salaire. ».

Le don de RTT entre collègues bientôt inscrit dans la loi

Et si la loi reprenait une initiative de solidarité imaginée par les salariés ? Le député UMP de la Loire, Paul Salen, a déposé une proposition de loi encadrant le don de RTT. Sa circonscription de Saint-Galmier abrite une usine Badoit dans laquelle les salariés ont offert 170 journées à un de leurs collègues. Ce père d’un enfant de 11 ans souffrant d’un cancer du foie a pu rester auprès de lui jusqu’à la fin. Chez Merial, filiale vétérinaire de Sanofi, un accord collectif a été signé en avril pour organiser le don de RTT entre salariés et parents d’enfants malades. Il est par limité à un jour par an et par salarié. Paul Salen préfère organiser un cadre national à cette pratique qui se développe. Il propose d’utiliser le compte épargne temps, pour que les journées de congés posées sur un compte puissent être transférées sur un autre. Le donateur doit évidemment être volontaire, et l’entreprise d’accord. Seuls les parents d’enfants de moins de 20 ans gravement malades pourraient en bénéficier. Le député estime que s’il existait, ce dispositif permettrait à 1500 enfants d’être accompagnés par un parent. Son texte doit d’abord être discuté par les partenaires sociaux avant de venir devant les députés, début 2012 si tout va bien.


Cécile Maillard

(avec Christophe Bys)

A lire dans le numéro 3250 de L’usine nouvelle

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