La lettre du Social et du Management du 13 au 19 janvier

Partager

Le dialogue social "à l’Allemande" ne se fera pas sans confiance

Avec les difficultés rencontrées par les économies européennes, le modèle allemand a été vanté, notamment en matière budgétaire et financière. Une autre particularité de l’Allemagne est moins souvent évoquée, alors qu’elle collabore aux succès outre-Rhin : la qualité du dialogue social. L’économiste Alexandre Delaigue analyse : "En France, les relations au travail sont exécrables. On ne le dit pas assez, mais la France est un des pays d’Europe où les salariés ont le moins confiance dans les managers et les dirigeants d’entreprise." Pour lui, si le chômage partiel obtient de bons résultats en Allemagne (de même pour les accords de compétitivité), c’est parce que salariés et entrepreneurs ont une confiance mutuelle et ont pris l’habitude de travailler ensemble depuis longtemps. Dans les grandes entreprises allemandes, les salariés ont la moitié des sièges au conseil d’administration ! De même, l’Etat n’a pas le droit d’intervenir dans les négociations entre les partenaires sociaux. Une mesure qui rend les uns et les autres responsables. Impossible de se défiler, en sachant que l’Etat prendra les décisions impopulaires. Après l’institut de l’entreprise la semaine dernière, c’est Jean-Louis Beffa, l’ex-pdg de Saint Gobain, qui insiste sur le rôle de la cohésion au sein des entreprises pour améliorer la compétitivité de l’industrie française.

Drogues au travail, une première mesure

Le sujet a beaucoup fait fantasmer, faute de données fiables. Désormais, il faudra faire avec le premier baromètre publié par l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé qui dresse un tableau complet de l’usage de substances actives sur le lieu de travail. Ce baromètre indique une situation très contrastée selon les secteurs. Quelle que soit la substance étudiée, quatre secteurs font partie des moins consommateurs : l’administration publique, l’enseignement, les métiers de la santé humaine et de l’action sociale, les services aux ménages. A l’inverse, le secteur de la construction est particulièrement concerné, avec 13.4 % de salariés consommant quotidiennement de l’alcool et 13 % de personnes ayant du cannabis au cours de l’année écoulée. La construction est aussi citée comme plus souvent "expérimentateur de cocaïne et de champignons hallucinogènes", des substances par ailleurs régulièrement "prises" dans le monde de l’information, de la communication, des arts et du spectacle.
Autre enseignement de l’étude : près de 10 % des consommateurs d’alcool et 13,2 % des consommateurs de cannabis ont accru leur prise en raison de difficultés liées à leur situation professionnelle. Ceci étant, les auteurs du baromètre rappellent que l’entrée dans la vie active est souvent l’occasion d’un abandon des pratiques addictives.

Le commerce inter-entreprises fait deux fois mieux que Laurence Parisot

Lors de sa conférence de presse mensuelle, la patronne du Medef s’est engagée à créer 60 000 nouveaux postes si la préparation opérationnelle à l’emploi, la POE, (un dispositif qui permet de former un demandeur d’emplois pour un poste donné) se développe. Sachant qu’en 2011, les chiffres de Pôle Emploi indiquent que 9 600 POE ont été réalisées en 2011, on mesure l’ampleur du phénomène.
Simultanément, Hughes Pouzin, le directeur général de la Confédération générale du commerce interentreprises (CGI) promettait 120 000 emplois, à 95 % des CDI dans les entreprises du secteur méconnus du grand public. Ce manque de visibilité du secteur serait à l’en croire un des handicaps du secteur. Pour y remédier, le secteur va organiser une campagne de publicité. "Nous proposons des métiers qualifiés pour des candidats de niveau bac +2 voire davantage", précise Hughes Pouzin. Selon une étude réalisée par cette confédération, 38 % des entreprises recherchent de nouveaux talents, la moitié déclarant avoir du mal à trouver le candidat idoine pour des raisons de formation inadaptée ou de savoir-être défaillants. A terme, il cherche surtout à faire connaître ces métiers auprès des jeunes et de leurs parents, pour qu’ils choisissent des formations vers des métiers qui recrutent.

Christophe Bys

A lire cette semaine dans l’usine nouvelle :

A la Une, notre dossier : "Que peut faire l’Etat face à une fermeture d’usine ?"
Et dans notre guide, "Les secrets d’une bonne utilisation de Twitter en entreprise", et "Les secrets de Renault pour recruter au Maroc".

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS