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Quotidien des Usines

La justice se saisit de l’affaire de pollution présumée à l’acide d’un crassier d’ArcelorMittal à Florange

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Le parquet de Thionville (Moselle) a annoncé mardi 4 juillet l’ouverture d’une enquête préliminaire destinée à faire toute la lumière sur les déversements présumés d’acide sur un crassier du site ArcelorMittal de Florange (Moselle).

La justice se saisit de l’affaire de pollution présumée à l’acide d’un crassier d’ArcelorMittal à Florange © zemoko - Flickr - C.C

La justice s’est saisie de l’affaire de pollution présumée d’un crassier du site ArcelorMittal de Florange (Moselle). De l’acide utilisé dans les procédés de l’usine à froid y aurait été déversé. La procureur du parquet de Thionville a indiqué mardi 4 juillet qu’une enquête préliminaire avait été ouverte pour atteinte à l'environnement. La Direction interrégionale de la police judiciaire va devoir faire toute la lumière sur cette affaire révélée le 29 juin par le Républicain lorrain et relayée le 3 juillet par une vidéo publiée sur le site de France Bleu Lorraine nord. Un ancien intérimaire de Sanest (groupe Sita Suez-Environnement), une entreprise sous-traitante d’ArcelorMittal y filme le déversement d’un chargement d’acide sur le crassier de Marspich. Ce site classé ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement) est utilisé pour le stockage de boues non dangereuses pour l’environnement.

"Compte tenu de l’émotion suscitée par la diffusion de cette vidéo, on voyait difficilement le parquet ne pas réagir", pointe Michel Liebgott, président de la communauté d’agglomération du Val de Fensch qui avait réuni en début de semaine les maires des communes riveraines de Florange et Hayange et la directrice adjointe du site ArcelorMittal. Evoquant des "pratiques d’un autre temps" préjudiciables en termes d’image pour l’industriel et pour le territoire, l’élu souhaite que "les auteurs soient placés devant leurs responsabilités".

Analyses hydrologiques en cours

Compétent dans la gestion du réseau hydrographique adjacent au crassier, la communauté d’agglomération devrait disposer vendredi 7 juillet des premiers résultats des analyses réalisées sur les cours d’eau voisin. La direction régionale de l’environnement (Dreal) devrait également livrer les conclusions des analyses en cours dans les prochains jours.

Suite au comité d’entreprise extraordinaire qui s’est tenu lundi à Florange, Serge Fuss, délégué syndical CFDT, première organisation sur le site ArcelorMittal, livre ses inquiétudes : "Nous sommes concernés à deux titres : en tant que salariés et en tant qu’habitant !" Le représentant syndical, demande des clarifications à son employeur. "Nous souhaitons que la direction prouve sa loyauté, qu’elle démontre la robustesse de ses systèmes de traçabilité en matière de traitement des déchets et qu’elle lave les salariés des affirmations qui entachent tout le site."

Le témoignage anonyme de l’ex-intérimaire de Sanest, relayé par France Bleu Lorraine nord met notamment en cause les salariés de l’industriel. Le conducteur était en charge du transport de l’acide utilisé pour décaper l’acier transformé dans l’usine à froid de Florange jusqu’à un centre de traitement voisin. Il aurait été contraint de déverser quotidiennement 24 m³ d’acide sur le crassier de décembre à février.

"On me disait de charger l'acide et d'aller au crassier, avec la complicité de salariés d'Arcelor qui me donnaient les bons [de livraison, ndlr] eux-mêmes. Les bons n'indiquaient pas que c'était de l'acide. Ils indiquaient seulement que c'était de la boue de fer ou de la boue d'épuration", a-t-il déclaré à la radio locale.

Autres polluants concernés

Le Républicain Lorrain a également relayé le témoignage d’un ancien salarié d’un autre sous-traitant, Malézieux à Woippy (Moselle). Ce dernier évoque des mélanges de boue, d’huile et de produits acides pompés sur le site d’ArcelorMittal puis déversé dans le crassier.

La direction d’ArcelorMittal a ouvert une enquête interne sur le site de Florange rattaché à l’entité Atlantique Nord et Lorraine du groupe. Elle réfute dans un communiqué être à l’origine de déversements irréguliers sur la zone de stockage : "Si ces faits étaient avérés, ils seraient le fait de personnes isolées au sein d’ArcelorMittal ou des entreprises sous-traitantes." Un nouveau comité d'entreprise extraordinaire pourrait être organisé en début de semaine prochaine.

Philippe Bohlinger

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