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La justice japonaise rejette encore la demande de libération de Carlos Ghosn

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Publié le , mis à jour le 22/01/2019 À 06H53

[ACTUALISÉ] Le tribunal de Tokyo a rejeté une nouvelle demande de remise en liberté de Carlos Ghosn le 22 janvier. En France, le conseil d'administration de Renault est susceptible de se réunir le 22 ou 23 janvier pour discuter du successeur du PDG à la tête du groupe. Plusieurs favoris semblent déjà être pressentis par le constructeur automobile et l'État français. Incarcéré au Japon depuis le 19 novembre, Carlos Ghosn est soupçonné de malversations et d'abus de confiance.

La justice japonaise rejette encore la demande de libération de Carlos Ghosn
Le conseil d'administration de Renault est susceptible de se réunir le 22 ou 23 janvier pour discuter du successeur de Carlos Ghosn à la tête du groupe.
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Actualisation du 22 janvier : Mardi 22 janvier, le tribunal de Tokyo a rejeté la troisième demande de libération sous caution de Carlos Ghosn. Les avocats de l’industriel libano-brésilo-français ont encore la possibilité de faire appel de cette décision. Toutefois, ceux-ci se sont montrés pessimistes sur la possibilité d’une libération avant l’ouverture du procès. Celui-ci pourrait ne pas avoir lieu avant plusieurs mois. La détention provisoire du dirigeant doit arriver à son terme le 10 mars mais elle peut à nouveau être prolongée comme ce fut le cas précédemment. Jusqu’à présent, la justice japonaise a motivé ces refus par la crainte de voir Carlos Ghosn quitter le pays ou tenter de détruire d'éventuelles preuves. Le patron s’est défendu d’une telle intention dans un communiqué (voir en fin d'article).

Le conseil d'administration de Renault qui mettra fin aux fonctions de PDG de Carlos Ghosn et choisira une nouvelle direction pour tenter de tourner la page sur deux mois de crise de gouvernance devrait se réunir dans le courant de la semaine, ont dit à Reuters plusieurs sources proches du dossier.

Après la prolongation mardi 15 janvier de la détention de Carlos Ghosn, incarcéré pour des accusations de malversations financières depuis le 19 novembre au Japon, l'État, principal actionnaire du groupe au losange, a lancé le processus de succession à la tête de Renault.

Une réunion du conseil de Renault le 22 ou 23 janvier ?

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire avait précisé mercredi 16 janvier avoir demandé que le conseil de Renault soit convoqué "dans les prochains jours". Des sources avaient alors indiqué que le comité des nominations pourrait se réunir dès le week-end, réunion suivie par une session du conseil dans son entier dimanche 20 ou lundi 21 janvier.

Au vu des délais habituels de convocation des administrateurs, le conseil ne semblait pas, dimanche 20 janvier en fin de journée, devoir se réunir de manière formelle avant mardi 22 ou mercredi 23 janvier, ont dit deux sources.

Les indemnités de Carlos Ghosn en calcul

Selon les Échos, Renault est par ailleurs en train de calculer les indemnités, les pensions de retraite et les rémunérations variables auxquelles Carlos Ghosn peut prétendre. "Un petit casse-tête, vu que les parts variables de son salaire et les actions de performance sont en général soumises à des conditions de présence et de résultat", écrit le quotidien économique sur son site internet. Selon lui, les négociations avec le PDG "empêché" sont en cours.

Contrairement à Nissan et Mitsubishi - contrôlé à 34% par Nissan - qui ont rapidement limogé Carlos Ghosn de ses fonctions de président, Renault a choisi d'opter pour une direction intérimaire, l'administrateur référent, Philippe Lagayette, assurant la présidence du conseil d'administration et le directeur général adjoint, Thierry Bolloré, la direction générale.

S'il a souligné vendredi 18 janvier que cette gouvernance transitoire "fonctionne efficacement", Philippe Lagayette a précisé que "puisque l'indisponibilité du PDG semble devoir durer, nous avons maintenant la responsabilité de prendre des mesures durables".

Jean-Dominique Senard "a une compétence reconnue" selon Bruno Le Maire

Pour incarner cette solution pérenne, sur laquelle Carlos Ghosn était censé travailler avant que l'affaire n'éclate, l'actuel président de Michelin tient toujours la corde.

Fort de quarante ans de carrière au sein de plusieurs fleurons industriels français - Total, Saint-Gobain et Pechiney - Jean-Dominique Senard est favori pour prendre la présidence de Renault, tandis que Thierry Bolloré pourrait être confirmé au poste de directeur général. Jean-Dominique Senard pourrait aussi reprendre l'ensemble des fonctions de PDG, a dit une autre source.

"[Il] a une compétence reconnue dans le secteur automobile. Chez Michelin, il a démontré sa capacité à réussir à la tête d'un grand groupe industriel et il a une conception sociale de l'entreprise à laquelle je suis personnellement attaché", a déclaré Bruno Le Maire dans le Journal du dimanche. Avant de préciser que la décision revenait au conseil d'administration.

Une source proche des discussions a précisé toutefois que l'État français et ses conseillers étudiaient aussi d'autres candidats pour le poste de DG, dont le vice-président exécutif de Toyota, le nordiste Didier Leroy, et un autre manager.

Carlos Ghosn promet de rester au Japon s'il est libéré

Lundi 21 janvier, le PDG détenu a publié un communiqué via ses représentants pour promettre de rester au Japon si sa demande de liberté sous caution était accordée. "Alors que le tribunal doit examiner ma demande de liberté sous caution, je veux souligner que je résiderai au Japon et que je respecterai toutes les conditions demandées par le tribunal", écrit Carlos Ghosn. Ses demandes précédentes en ce sens ont été rejetées, la justice japonaise redoutant une fuite de l’industriel.

Dans son communiqué, Carlos Ghosn ajoute qu'il s'engage à être présent à son futur procès, "non seulement parce que j'y suis obligé juridiquement, mais parce que je suis désireux d'avoir enfin l'opportunité de me défendre". "Je ne suis pas coupable des accusations qui pèsent contre moi et j'ai hâte de défendre ma réputation devant le tribunal", finit le dirigeant.

Inculpé de trois chefs d'accusation de malversations financières, pour avoir notamment minimisé son salaire pendant huit ans et transféré temporairement chez Nissan des pertes personnelles, l'ancien homme fort de la première alliance automobile mondiale nie les accusations portées contre lui.

Le JDD rapporte aussi que son épouse Carole Ghosn a écrit à Emmanuel Macron pour qu'il s'assure "de la détermination de la République française à garantir à ses ressortissants le droit à un procès équitable."

Avec Reuters (Avec Laurence Frost, Emmanuel Jarry, Jean Terzian, Sophie Louet et Benjamin Mallet à Paris, Takashi Umekawa et Maki Shiraki à Tokyo, Gilles Guillaume, édité par Marc Joanny)

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