La hausse du diesel ravit les raffineurs

Depuis des années, les raffineurs demandent de rapprocher la fiscalité du diesel de celle de l'essence. La possibilité d’accroitre de deux centimes le prix du diesel réjouit un secteur qui souffre de la surconsommation de ce carburant en France.

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Crédits : Pascal Guittet

Poussée par le scandale de l’affaire Volkswagen sur les motorisations diesel, la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal, s’est exprimée en faveur d’un rapprochement des taxes entre le diesel et l’essence. Le but est de supprimer l'avantage fiscal du premier carburant, fortement émetteur de microparticules, pour qu'il ne soit plus préféré au second par les automobilistes.

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Dans un même temps, le projet de loi de finance 2016 prévoit une augmentation de 2 centimes d’euros des taxes sur le diesel tandis qu'elles diminueraient d'un centime sur l’essence. Aujourd’hui, la différence de prix entre les deux carburants s’établit aux alentours de 15 centimes d’euros.

Pour le raffinage français, c’est une bonne nouvelle. "Nous avons toujours prôné le rapprochement de la fiscalité de l'essence et du diesel. D’autant plus que nous avons de plus en plus de mal à exporter notre essence", explique Francis Duseux, président de l’Union Française des Industries Pétrolières.

En effet, l’outil de raffinage français est mis à mal par la surconsommation de diesel en France où environ 65 % des automobiles utilisent cette motorisation. Problème : les pétroliers ne peuvent tirer environ que 40 % de diesel depuis un baril de pétrole. du coup, la moitié des 40 millions de tonnes de diesel consommées chaque année en France est importée, ce qui pèse sur la balance commerciale de la France. L’essence excédentaire est pour sa part exportée sur les marchés nord-américains et africains, mais la production française est de plus en plus concurrencée par l’Asie et le Moyen-Orient.

Ne pas taxer trop vite

L'optimisme de l’UFIP est tout de même tempéré. "Attention à ne pas accumuler trop de taxes sur le diesel", prévient Francis Duseux. "Nous sommes dans une période de prix très bas, mais le pétrole est une affaire de cycles et les prix vont remonter. Sans compter qu’il y a déjà la taxe carbone, qui atteindra dans le futur 32 centimes par litre, et la CSPE (Contribution au service public de l’électricité) qui pourrait être étendue aux carburants. L’accumulation de taxes pourrait vraiment handicaper les personnes qui ont besoin de leur voiture chaque jour", juge-t-il.

Enfin, l’UFIP appelle à ne pas oublier les poids lourds et les gazoles non routiers (engins de travaux publics et agricoles) qui n’ont pas d’alternative au diesel. "Si on augmente trop la taxe sur le diesel, on affecte la compétitivité. Il faut qu’elle soit modérée et étalée dans le temps", conclut Francis Duseux.

Ludovic Dupin

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