La hausse de la consommation de bière tire la demande mondiale en orge et en malt

La demande mondiale en orge de brasserie progresserait de 14% d’ici à 2020. La hausse de la consommation de bière dans les pays émergents et la montée en gamme des produits y contribuent, non sans impact sur les capacités de production de malt.

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Les besoins en orge de brasserie devraient progresser de 14% d’ici à 2020, estime la banque néerlandaise Rabobank. La cause ? Le monde boit de plus en plus de bière. Les régions émergentes, Afrique en tête, contribuent de manière notable à cette croissance. D’ici à 2020, la consommation de bière en Afrique, en Asie et en Amérique latine progresserait au total de 9%, soit l’équivalent de 19 milliards de litres. Sur cette période, la consommation de bière croîtrait en moyenne de 5% par an en Afrique, de 4% en Asie et de 3% par an en Amérique latine.

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Davantage de malt dans la bière

Les consommateurs aspirent par ailleurs à boire de la bière de meilleure qualité : en Chine, le taux d’inclusion de malt d’orge dans la bière a grimpé de 15% au cours des quatre dernières années, pour atteindre 7,5 kg par hectolitre. In fine, la hausse de la consommation dans les pays émergents compterait pour 9% dans la progression de la demande en orge de brasserie, la hausse de la demande des marchés matures représenterait 1%, la montée en gamme des produits 3%, et le développement des brasseries artisanales 1%.

L’essor du marché de la bière artisanale contribue en effet à modifier les besoins. Les brasseurs artisanaux poussent les acteurs des céréales à proposer des produits toujours plus forts en goût et originaux, rappelle l’Association américaine des brasseurs. Aux Etats-Unis, les craft beers requièrent en moyenne quatre à sept fois plus de malt que les bières classiques, constate le département américain de l’Agriculture. La part de marché des brasseurs artisanaux, de 10% en 2014, pourrait y grimper à 20% en 2020. En France, elle est estimée à 3,5%. "Les consommateurs recherchent le goût, la qualité, la variété, l'authenticité et sont prêts à payer pour cela", constate Rabobank.

Les industriels et les agriculteurs doivent s'adapter

Cet engouement pour la bière et les produits de meilleure qualité va obliger les industriels à réinvestir. Entre 2009 et 2014, on a pourtant dénombré plus de cessions de capacités de maltage (680 000 tonnes perdues, soit 2,7% de la production mondiale) que d’investissements. Sur la base d’un fonctionnement à un taux d’utilisation des installations de 85%, comme c’est actuellement le cas, Rabobank chiffre à 3 millions de tonnes l'ouverture de capacités requise pour faire face à la hausse de la demande d’ici à 2020.

En amont, la filière doit aussi s’organiser. Même si, actuellement, l’orge brassicole bénéficie d’une attractivité certaine, en raison de meilleures marges que sur d’autres céréales, sa culture n’est pas sans risque. "La météo et les maladies n'affectent pas seulement les rendements de la production : les risques climatiques (dont la fréquence devrait être encore plus importante à long terme) affectent également la qualité, à l’instar du taux de protéines", explique Rabobank. Les producteurs de bière artisanale sont prêts à payer davantage pour obtenir une meilleure qualité, précise la banque néerlandaise, laquelle suggère de développer l’emploi des instruments de couverture dans le secteur pour sécuriser les niveaux de production.

Franck Stassi

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