Quotidien des Usines

La Hague : la CLI contre le projet énergétique d’Areva NC avec Dalkia

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La Hague : la CLI contre le projet énergétique d’Areva NC avec Dalkia © duvalmickael50 - Flickr - C.C.

Investissement.

Les membres de la commission locale d'information ou CLI de l'usine de retraitement des déchets nucléaires Areva NC à Beaumont-Hague, dans la Manche, ont adopté à l’unanimité, en réunion le 8 juin, un avis défavorable au projet énergétique d’Areva NC La Hague avec Dalkia.

 
Le projet comprend le financement et la construction par Dalkia de trois chaudières à bois pour une capacité annuelle de 75 mégawatts, un investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros. Dalkia assurera ensuite, dès 2014, l’exploitation de ces installations. Durant les travaux, les 61 salariés d’Areva devront former les salariés de Dalkia à leur nouvelle activité et aux spécificités du site.
 
C’est précisément là que le bât blesse. Les membres de la CLI, instance uniquement consultative qui réunit différents élus, membres d’associations, scientifiques, s’inquiètent principalement des gages de sécurité que des intervenants extérieurs peuvent garantir concernant les risques liés à l’activité et à la complexité technique du site.
 
Les équipes de Dalkia devront en effet fournir de la vapeur à l’usine, « mais aussi en gérer toutes les utilités, en gérer l’eau, l’électricité et l’air », détaille un délégué syndical d’Areva. « Par exemple avec l’eau le refroidissement des piscines où sont stockés des déchets radioactifs. Ou avec la vapeur, le transfert de produits radioactifs entre des cuves. Ou encore avec l’air, le balayage permanent des voûtes de cuves où se concentrent des résidus d’hydrogène. Ce sont des missions très délicates dans un milieu dangereux, dont la maîtrise nécessite des années d’expériences. Prétendre former les salariés de Dalkia en trois ans est un leurre. »
 
Un avis que ne partage pas la direction de l’établissement industriel : « D’abord ce projet est lancé depuis mars dernier, et avec l’avis favorable de l’Autorité de Sûreté Nucléaire ou ASN. Ensuite, si l’exploitation des utilités est aujourd’hui assurée par Areva, leur maintenance est déjà confiée à différents prestataires, dont Dalkia. Nous avons simplement décidé de confier l’exploitation et la maintenance à un même prestataire. Pas n’importe lequel. Filiale de Veolia et d’EDF, Dalkia est déjà prestataire du même type d’installations sur sept sites nucléaires, Marcoule ou Caradache dans le sud de la France, par exemple. Enfin, Areva restera chef d’installation, c’est à dire responsable. Et concernant l’alimentation électrique, les plus hauts niveaux de sauvegarde se situent et resteront dans chacun des ateliers de l’usine. Ils ne seront pas sous la responsabilité de Dalkia. Le bras de fer engagé n’est qu’une bataille syndicale » … et juridique.
 
Les syndicats ont en effet engagé une procédure devant le tribunal de grande instance de Paris pour faire annuler le projet. « A Paris pour que l’affaire soit jugée dans un climat serein », précise le délégué. L’instance juridique doit se prononcer le 5 juillet.


 

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