L'Usine Santé

La guerre est déclarée contre le Gardasil

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Une députée européenne écologiste a décidé de mener la fronde contre le vaccin contre le cancer du col de l’utérus vendu par les laboratoires Sanofi Pasteur MSD. Le vaccin avait pourtant été récemment réhabilité par François Hollande.

La guerre est déclarée contre le Gardasil © Wikimedia commons -Jan Christian

En réunissant chercheurs, avocats, pharmaciens et familles de victimes, ce mercredi 2 avril, pour témoigner contre le Gardasil lors d’une conférence de presse, la députée européenne des Verts Michèle Rivasi a voulu marquer les esprits. Et amplifier la bataille contre le vaccin de Sanofi Pasteur MSD (joint-venture européenne dans les vaccins entre le français Sanofi Pasteur et l’américain Merck).

La députée s’offusque de la réhabilitation par François Hollande de ce vaccin destiné à prévenir le cancer du col de l’utérus, cause de 1000 décès par an en France, lors de la présentation du troisième Plan Cancer en février. "La preuve de son efficacité n’a toujours pas été donnée", n’hésite pas à affirmer Michèle Rivasi, et "en Europe, de nombreuses jeunes femmes sans antécédents médicaux sont affectées de maladies très invalidantes concomitantes à la vaccination".

25 nouvelles plaintes à venir

En décembre 2013, neuf femmes avaient déposé plainte contre X pour "atteinte involontaire à l’intégrité physique et tromperie aggravée" au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). "Avant la fin du mois, nous allons déposer 25 plaintes supplémentaires pour bien expliquer au Parquet que nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout", précise Jean-Christophe Coubris, l’avocat de ces jeunes femmes.

Un produit toujours préconisé par les autorités sanitaires

Chez Sanofi Pasteur MSD, on se dit "surpris" de cette attaque contre un vaccin qu’on juge "sûr". Les autorités sanitaires qui ont autorisé le produit en Europe comme aux Etats-Unis partagent la confiance du laboratoire. Fin novembre 2013, le président du comité technique des vaccinations (l’une des commissions du Haut Conseil de la santé publique, un organisme public) rappelait ainsi que "les données de pharmacovigilance internationales ne montrent pas de lien entre ce vaccin et une quelconque maladie auto-immune, dont la sclérose en plaques".

Désaccord sur les effets secondaires

Certes, tous les traitements ont des effets secondaires, reconnaît Jean-Christophe Coubris. Mais lors d’une expertise contradictoire menée devant une commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux, "les deux experts ont conclu un lien d’imputabilité entre le vaccin et la pathologie" d’une des jeunes femmes, affirme-t-il. "Mais le laboratoire a refusé de suivre les conclusions de cette expertise".

Conséquence, selon lui : "On a un produit, on le sait dangereux, mais pour autant on ne veut pas le déclarer comme tel." Avec les familles qu’il représente, il demande donc aux autorités sanitaires et à Sanofi Pasteur MSD de reconnaître et d’informer "en toute transparence" sur les risques présentés par le vaccin et de modifier notamment sa notice. Et, plus globalement, de privilégier à la vaccination le frottis, acte de dépistage sans risque et beaucoup moins coûteux, à 15 euros contre 370 euros pour trois injections de Gardasil. La guerre contre le Gardasil pourrait en tout cas faire un heureux : le laboratoire anglais GSK, qui fabrique le Cervarix, autre vaccin contre le cancer du col de l’utérus.

Gaëlle Fleitour

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte