La Grèce n'a pas sollicité une aide financière

par Marcin Grajewski et Dina Kyriakidou

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MADRID/ATHENES (Reuters) - La Grèce n'a pas sollicité l'activation du mécanisme d'aide financière défini le week-end dernier, déclare Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, à l'occasion d'une réunion des ministres des Finances de l'Union européenne organisée à Madrid.

Lors d'une conférence de presse, Jean-Claude Juncker a précisé que le dossier grec n'avait guère été abordé lors de l'Ecofin, précisant que tout avait été dit lors de la conférence téléphonique de dimanche au cours de laquelle les modalités du mécanisme ont été fixées.

Cet accord prévoit que les Etats de la zone euro prêtent jusqu'à 30 milliards d'euros à Athènes la première année et le Fonds monétaire international (FMI) une dizaine de milliards.

La Grèce a fait un pas supplémentaire jeudi vers le déclenchement du mécanisme d'aide en demandant l'ouverture officielle de discussions avec les autorités européennes et le FMI. Ce dernier a prévu d'envoyer des équipes à Athènes dès lundi.

"Il s'agit de préparer un programme commun de conditionnalité et de financement au cas où une aide est sollicitée", a déclaré Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.

Lors de la conférence de presse, Olli Rehn et Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, ont aussi indiqué que des membres de la Commission européenne et de la BCE seraient à Athènes lundi aux côtés de responsables du FMI.

Devant le parlement grec, le Premier ministre George Papandréou a déclaré que la Grèce se préparait, pour parer à toute éventualité, à activer le mécanisme d'aide mis au point par l'UE et le FMI, tout en soulignant que cela ne signifiait pas pour autant que le pays était en faillite.

Il a ajouté que le plan d'austérité mis en place par son gouvernement avait pour but d'empêcher le pays de sombrer, soulignant que l'activation du mécanisme d'aide serait décidée "en fonction des intérêts du pays".

Sur les marchés financiers - où Athènes doit refinancer quelque 53 milliards d'euros de dettes cette année, dont un montant important avant le 19 mai -, la nervosité persiste avec un écart de rendement entre les obligations grecques et allemandes qui est remonté de 10 points de base à 425 points de base.

Dans une lettre adressée à l'Union européenne, à la BCE et au FMI, le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, a proposé d'engager des discussions sur "un programme pluriannuel de politiques économiques".

Ce programme, a-t-il ajouté, "pourrait être soutenu par une assistance financière de la part des Etats membres de la zone euro et du FMI si les autorités grecques décident de demander un tel soutien".

Cité vendredi par la radio Südwestrundfunk, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a estimé que la Grèce était bien partie pour régler ses problèmes budgétaires, ajoutant qu'il espérait que le pays n'aurait pas besoin d'activer le mécanisme d'aide.

"Nous sommes toujours convaincus que la Grèce va dans la bonne direction et que, au bout du compte, le pays n'aura peut-être pas besoin de demander une aide", a-t-il dit.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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