La grande distribution menace de se passer du raffinage français

Environ une station-service sur trois était à sec lundi matin, en raison des perturbations liées au mouvement contre la réforme des retraites. La grande distribution a mis en garde les salariés des raffineries en grève, avertissant que les livraisons domestiques pourraient être remplacées par l’importation. Raffineries et dépôts se sont débloqués au fil de la journée.

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La grande distribution menace de se passer du raffinage français

« Comme il n'y a pas eu de réapprovisionnement des stations-service hier (dimanche), et que le retour de week-end, notamment sur les stations d'autoroutes, a été intense, nous nous retrouvons ce matin (lundi) avec une situation un peu tendue », a déclaré Alexandre de Benoist, délégué général de l'UIP, qui représente les grandes surfaces (4.800 stations sur 12.300). Il était tout simplement impossible de trouver du carburant dans la préfecture du Cher, en fin d'après-midi, hier, indique le Berry républicain. «Seules les pompes du Carrefour de la chaussée de Chappe proposaient du gazole ; avant, elles aussi, de ne plus rien avoir, à 16 h 20».

Importer à tout crin

Les raffineries montrent leurs muscles ? Qu'à cela ne tienne, les grandes surfaces importent. Le représentant des stations de la grande distribution (UIP) a appelé lundi à faire comprendre aux Français «le mouvement incroyable, la performance incroyable en train de se dérouler sous leurs yeux sur le plan de la logistique pétrolière». «La fermeture des 12 raffineries françaises a entraîné une réorganisation de la logistique pétrolière, avec des inversions de flux, des re-localisations de stocks de réserve», a-t-il expliqué. Les 12 raffineries françaises ne fonctionnent pas depuis 10 à 15 jours selon les sites. «Nous attirons l'attention du raffinage français sur le fait que des circuits sont en train de s'établir actuellement, à l'importation, dans la réorganisation de la logistique», a-t-il ajouté. «Nous apprenons à nous passer du raffinage français et nous rappelons que nous nous appelons l'Union des importateurs indépendants pétroliers». «Les raffineries doivent s'interroger sur la nécessité de se mettre en mouvement», a-t-il conclu. L'attaque contre le mouvement de grève risque de porter, alors que deux raffineries sont sur le point de fermer faute de rentabilité.

Un premier approvisionnement en essence importée pour approvisionner la Normandie et l’Ile-de-France est par exemple arrivé à Rubis Terminal Rouen samedi dernier, note le Moniteur. Ces deux régions sont les plus affectées par les pénuries de carburants en stations-service qui touchent surtout les essences dont les flux d'importations étaient jusqu'à présent quasiment inexistants du fait de la surproduction de ces produits dans le raffinage français. Distridyn (filiale des groupes Casino et Cora), associée à l’ensemble des filiales pétrolières de la grande distribution (Pétrole & Dérivés-Intermarché, Pétrovex-Auchan, Carfuel-Carrrefour et Siplec-Leclerc), a importé une première cargaison de 11 millions de litres de SP95 qui est arrivée samedi 23 octobre au dépôt pétrolier de Rubis Terminal Rouen. Le navire, en provenance de la zone Amsterdam-Rotterdam-Anvers (ARA), est reparti dimanche pour effectuer de nouvelles importations au départ de la zone ARA et compenser l’absence de production et d’expéditions d’essence du système de raffinage français paralysé par deux semaines de grèves.

Plusieurs raffineries votent la fin du blocage

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