Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

La gestion de la crise grecque échappe-t-elle à l'Europe?

, , ,

Publié le

FMI rime avec zizanie. Et, la gestion de la crise grecque est une pomme de discorde que l’Union européenne risque d’avoir du mal à digérer. La péninsule hellénique pourrait se refaire une santé. La question est qui va l’y aider ?

Jeudi matin, à Bruxelles, le sommet des dirigeants de la zone euro et de gouvernements de l’ensemble de l’Union européenne se réunit pour sceller le sort de la Grèce. Et cette réunion fera date. « Nous sommes à la croisé des chemins. Ou bien la Grèce peut créer des dommages sérieux à l’euro, ou bien nous pouvons apprendre de la crise », a résumé le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn dans le quotidien finlandais Helsingi Sanomat.

Pour le moment un compromis semble émerger malgré quelques oppositions qui s’élèvent ça et là. L’Europe pourrait, très probablement, en appeler au Fonds monétaire international (FMI) pour aider à surmonter cette crise, tout en s’engageant, à la demande de l’Allemagne, à durcir à l’avenir de la discipline budgétaire des pays de la zone euro. 

Berlin a gagné

Angela Merkel s’impose comme la femme forte à la table des négociations. Christine Lagarde, qui avait provoqué Angela Merkel en duel médiatique autour de cette crise, a vite choisi de faire profil bas face à la chancelière. Après quelques rebondissements, tel un bulldozer, elle aplanit les situations à son avantage. Résultat, il semblerait que Berlin ait fait plier ses partenaires sur un renforcement budgétaire en zone euro. 

Mme Merkel et son ministre des Finances, Wolfgang Schaüble, étaient en effet partis en campagne pour préconiser des mécanismes de sanctions à l’encontre des pays laxistes, afin que l’affaire de la Grèce ne se reproduise pas. Pour Mr Schäuble, dans une interview au Allgemeine Zeitung, « une union monétaire qui règle les problèmes d’une de ses composantes par les biais du FMI ne peut qu’être une exception et doit le rester ». Et pour cela, « la meilleure solution est que la zone européenne puisse régler ses problèmes toute seule. »

Il propose pour cela, avec l’appui de sa chancelière, « que l’on retire le droit de vote aux fauteurs potentiels. Aujourd’hui, nous n’avons aucune possibilité de priver un pays de subventions européennes. Si nous sommes intelligents, nous tirerons des leçon de la crise ». Cette solution a pour but de mettre la pression sur les pays qui risque la contagion avec la Grèce et qui pourrait plomber la reprise allemande.

Gare à la contagion

La maladie de la dette souveraine est une vraie épidémie au sein de la zone euro. Aujourd’hui le Portugal s’est retrouvé mis au pied du mur par l’agence Fitch. Sans attendre son plan de redressement des finances publiques, l’agence de notation a dégradé sa note mercredi matin.   « La dégradation de la note de la dette souveraine du Portugal vient rappeler que les problèmes budgétaires de la zone euro ne limite pas à la Grèce  » a souligné Jennifer McKeowe, analyste du cabinet londonien Capital economics. Même si la dégradation de AA à AA- laisse la notation du Portugal bien au-dessus des BBB+ de la Grèce , la contagion semble être une véritable épée de Damoclès. 

"PIGS", acronyme pour Portugal, Irlande, Grèce, et Espagne (Spain en anglais) désigne les pays menacés. En Espagne, le déficit public estimé pour 2009 est de 11,4%, là où la Grèce était à 12 ,7%. De même l’Irlande est 11,7% et le Portugal à 9,3% A noter aussi, la France qui échappe à cet acronyme, a un déficit estimé à 7,9% du PIB en 2009, pas très loin derrière les pays montré du doigt. L’Italie est à 5,3%.

Le FMI, juste une banque !?

Pas étonnant du coup, que ce soient ces pays qui préfèrent laver leur linge sale en famille. Le ministre italien de l’Economie et des Finances, Giulio Tremonti, a de nouveau appuyé la solution d’une intervention conjointe de l’Union européenne et du FMI, mais à condition que le FMI agisse seulement comme une « banque » et que l’Europe gère la solution.

Le ministre français de la Relance, Patrick Devedjian, s’est opposé frontalement à l’intervention du FMI. Ce recours « serait un signe de faiblesse » de la part de l’Europe, selon lui. Il s’est permis de rappeler : « quand on a fait la réunification allemande, on a fait le un pour un pour l’échange des marks. Economiquement, financièrement, cela n’avait aucun sens mais politiquement cela en avait un ».

La commission tranchera !

Outre ces pressions politiques, l’évolution du cours de l’euro pourrait rester dans l’esprit des dirigeants de la zone euro, jeudi matin. Mercredi, l’euro, accentuait sa chute face au dollar. Il est passé à 1,34 dollar pour la première fois en dix mois et demi, pénalisé par le fait que l’Union européenne pourrait s’accorder sur un recours au FMI pour juguler la crise grecque. C’est pourquoi la Commission européenne a insisté sur la nécessité d’avoir un mécanisme d’aide qui soit clairement « dirigé par l’Europe », même avec la participation du FMI.  

« La position de la Commission est que nous préférons une facilité de paiement de la zone euro pour un problème européen », a ainsi précisé Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques.  La présidence espagnole de l'UE prône lui aussi « une solution européenne » au problème de la Grèce , a affirmé jeudi à Bruxelles le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, avant la réunion des dirigeants européens de ce matin.

 Morgane Remy

 

 

 

 

 

 

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

25/03/2010 - 11h48 -

Juste analyse désespérante à cause de l'entêtement conformiste des puissants qui détiennent tous les pouvoirs , et opposent l'offre à la demande , ce qui est mortifère à long terme pour populations et Etats . Rien de structurel de changé à la crise .
Répondre au commentaire

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle