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L'Usine Aéro

La fusion, unique issue de secours pour Air France ?

Olivier James , ,

Publié le

La direction d'Air France-KLM vient de dévoiler un plan qui prévoit la supression de près de 3000 postes ainsi qu'une diminution de capacités de 10% du réseau long-courrier. Au-delà de ces mesures, les déboires de la compagnie aérienne pourraient s'acheminer vers une reconfiguration du secteur aérien européen.

A-380 Air France - CC

La fusion pourrait être la pire des solutions, à l’exception de toutes les autres. Au delà de l’impasse dans laquelle se trouve Air France-KLM, la référence churchillienne est loin d’être une boutade. Air France-KLM se porte mal. Entre un plan de 2900 suppression de postes et une réduction de capacités de 10% sur le réseau long-courrier, le plan B tout juste présenté par la direction montre un groupe en train de se ratatiner, traînant dans ses bagages des pertes de 232 millions d’euros pour le premier semestre 2015.

Etrange : cette "attrition" intervient en pleine extension du secteur aérien. Jamais la croissance du trafic aérien n’a été aussi forte (plus de 5% par an pour les vingt prochaines années), jamais les prévisions des flottes d’avions n’ont été aussi importantes (plus de 32 000 nouveaux avions neufs seront nécessaires d’ici vingt ans). La faible rentabilité des compagnies aériennes – longtemps restée très inférieure à celles des acteurs industriels de l’aéronautique –, est elle-aussi en train de s’améliorer : après avoir touhé le niveau zéro en 2008, elle pourrait friser les 7% cette année, selon le cabinet de conseil AlixPartners.

Toutes les compagnies aériennes traditionnelles européennes voient d’ailleurs leurs résultats revenir au vert, à l’image d’IAG (British Airways-Iberia) et de Lufthansa. Toutes, sauf une : Air-France-KLM.

Il est peu dire qu’Air France-KLM rate cette opportunité de croissance historique. Elle peine à trouver la parade contre l’essor des compagnies low cost et celles du Moyen-Orient. Le dialogue de sourds entre la direction et les syndicats, notamment de pilotes, ne laisse guère entrevoir la possibilité d’un développement dynamique dans les prochaines années.

Vers une alliance avec un concurrent

C’est pourquoi la fusion entre Air France-KLM et une autre compagnie semble de plus en plus incontournable. "Le regroupement dans le secteur aérien européen semble être le scénario le plus probable", estimait il y a peu un expert de la Coface. Et de mettre en avant le cas américain, où en quelques années les sept grandes compagnies des années 1990 ont formé trois géants du secteur aérien.

Le mouvement de concentration engagé en Europe pourrait encore s’accentuer et rendre les compagnies traditionnelles plus à même d’affronter la concurrence, et au premier chef un Air France-KLM en grandes difficultés.

Mais la logique industrielle pourrait se heurter à la logique politique. Sera-t-il aussi évident qu’avec Arcelor, Pechiney, Alstom ou bien encore Lafarge, de laisser cette entreprise, dont l'Etat est actionnaire à hauteur de 17%, dans le giron d’une société étrangère, alors même qu’Air France participe au rayonnement du pays dans le monde ? "Air France-KLM a besoin d’une alliance avec Lufthansa, voire avec un acteur du Moyen-Orient", assène un autre expert du secteur. Le dilemme pourrait bientôt surgir face aux politiques.

Olivier James

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