L'Usine Auto

La fusion PSA-Fiat-Chrysler est "le choix le plus lucide" selon la famille Peugeot

, , , ,

Publié le , mis à jour le 20/12/2019 À 08H00

La famille Peugeot, actionnaire et fondatrice de PSA, défend le projet de fusion avec Fiat-Chrysler Automobiles (FCA). Jeudi 19 décembre, le président de la holding familiale a également évoqué la gouvernance de la nouvelle structure.

La fusion PSA-Fiat-Chrysler est le choix le plus lucide selon la famille Peugeot
Mercredi 18 décembre, PSA et FCA ont annoncé la signature d'un accord de rapprochement engageant. /Photo prise le 31 octobre 2019/REUTERS/Régis Duvignau
© Regis Duvignau

La famille Peugeot, fondatrice de PSA, se félicite dans un entretien du projet d'alliance du constructeur français avec son rival italo-américain Fiat-Chrysler Automobiles (FCA). Jeudi 19 décembre, dans un entretien avec Les Échos, elle estime que ce mariage à 50/50 constitue "le choix le plus lucide" pour assurer la pérennité du groupe.

"Les planètes étaient alignées"

Les Peugeot, qui détiennent aujourd'hui 12,23 % de PSA, verront leurs parts réduites à un peu plus de 6 % dans le nouvel ensemble issu de la fusion. La structure PSA-FCA aura pour premier actionnaire la famille Agnelli, principal actionnaire de FCA via sa holding Exor.

"PSA ne pouvait pas rester indéfiniment fort en Europe et faible ailleurs. FCA aussi devait bouger", explique Robert Peugeot, président de la holding familiale FFP, dans l'entretien avec Les Échos. "Il y a eu d'autres tentatives par le passé, mais là, les planètes étaient alignées".

L'un des enjeux clefs pour la réussite de la fusion résidera dans l'équilibre entre la France, l'Italie et les États-Unis, et entre les actionnaires historiques de PSA et de Fiat. Au conseil d'administration du futur groupe, cinq administrateurs seront nommés par FCA - dont le président de la nouvelle entité John Elkann, actuel président de FCA - et cinq seront nommés par PSA.

Des interrogations sur l'après-Tavares

Le onzième siège reviendra à Carlos Tavares, actuel président du directoire de PSA. Du côté français, le onzième siège est considéré comme favorisant PSA alors que du côté italien, on estime que la présence de Carlos Tavares au conseil d'administration ne change pas l'équilibre fondamental à 50-50 de la fusion.

Des sources proches du dossier ont indiqué à Reuters que la famille Peugeot et Bpifrance avaient demandé une clarification des règles de gouvernance au cas où Carlos Tavares ne serait pas en mesure de conserver sa fonction de directeur général du nouveau groupe, et sur l'équilibre au-delà de son futur mandat de cinq ans comme directeur général.

"Le conseil de la nouvelle société, comme d'ailleurs celui de PSA aujourd'hui, aura à coeur d'apporter rapidement une réponse, 'enfermée dans un coffre', à la succession de Carlos Tavares", explique Robert Peugeot, en réponse à une question sur l'après-Tavares. La présidence du comité des nominations reviendra à la partie française, soulignent en outre les représentants de la famille Peugeot.

Bpifrance va représenter les intérêts français

Au tour de table du futur quatrième constructeur mondial, les intérêts français seront également représentés par Bpifrance, arrivée en 2014 lors du sauvetage financier de PSA. La banque publique, qui verra aussi sa participation tomber à 6 % environ à l'issue de l'opération, a vocation à rester "durablement" au capital de la nouvelle entité, a déclaré son directeur général Nicolas Dufourcq.

Elle aura toutefois la possibilité de réduire sa position tout en conservant un siège au conseil d'administration du nouvel ensemble si elle se maintient au-dessus des 5 %. "Nous pouvons vendre un tout petit peu pour réinvestir dans d'autres grandes entreprises françaises tout en gardant un siège durablement", a déclaré Nicolas Dufourcq sur BFM Business.

C'est cette règle qui a conduit le chinois Dongfeng à décider la vente de 30,7 millions de ses actions PSA au constructeur automobile. Sa participation dans la nouvelle entité tombera ainsi sous les 5 %, le privant d'un administrateur dont la présence aurait pu gêner un feu vert américain à la fusion.

Avec Reuters (Gilles Guillaume et Gwénaëlle Barzic, édité par Sophie Louet)

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte