La fusion entre AB InBev et SAB Miller isole Heineken et Carlsberg

La puissance de frappe mondiale du nouveau géant de la bière issu de la fusion de AB InBev et SAB Miller, laisse peu de place à ses challengers, Heineken et Carlsberg, qui se retrouvent désormais marginalisés dans le marché mondial.  

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La fusion du siècle dans la bière, entre AB InBev et SAB Miller est désormais actée. Elle crée un mastodonte de près de 67 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Le nouvel ensemble contrôlera le tiers du marché mondial de la bière et la moitié des profits du secteur. Les challengers, jusqu’à présent numéros trois et quatre du secteur, Heineken et Carlsberg (Kronenbourg), se retrouvent de fait marginalisés, y compris sur leur terrain de jeu principal, l’Europe. "Le nouveau groupe va se positionner davantage sur ce marché où il est encore peu présent mais où il a quelques cartes à jouer", estime Giulio Lombardi, le directeur de la branche biens de consommation chez Fitch Ratings. La bière Peroni (SAB Miller) connait un très large succès en Grande-Bretagne, alors qu’elle n’existait pas il y a dix ans.

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Un marché très concentré et des opportunités rares

Les deux challengers ne semblent plus guère avoir de chances de rattraper leur retard, pris en étau entre le colosse AB InBev / SAB Miller et la multitude de petits brasseurs artisanaux. "Carlsberg souffre actuellement beaucoup de son exposition au marché russe et n’a pas de réserves financières suffisantes pour réaliser des acquisitions majeures", affirme Giulio Lombardi. Le marché mondial de la bière est déjà très concentré et les cibles potentielles apparaissent rares. "Le nouveau groupe pourrait se désengager d’activités, à cause de positions dominantes en Chine et aux Etats-Unis", prévient Giulio Lombardi. Des opportunités qui pourraient intéresser Heineken. Le groupe néerlandais vient déjà de racheter le slovène Pivovarna Lasko, après avoir acquis 57,9 % du jamaïcain Desnoes & Geddes et être monté à 100 % dans le groupe malaisien GAPL, qui contrôle le brasseur GAB.

Un mariage entre le numéro trois et quatre mondial, un temps envisagé apparaît compliqué. "Carlsberg appartient à une fondation et peut difficilement être racheté", souligne Giulio Lombardi. De plus cela entraînerait des problèmes de positions dominantes en Europe, particulièrement en France, où le groupe possède Kronenbourg et 1664. L’avenir des deux groupes semble compliqué face à un géant mondial qui imposera ses prix et ses conditions d'achats. "Un brasseur qui possède plus de 29 % du marché de la bière, est en position pour négocier de meilleures conditions tarifaires en matière d’achats d'ingrédients", prévient Giulio Lombardi. Les deux challengers européens devront redoubler d’imagination pour rester dans la course.

Adrien Cahuzac

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