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La fusion Alstom – Siemens n’aura pas lieu… avant un an

Olivier Cognasse ,

Publié le

Enquête Les autorités de la concurrence européennes ouvriront sans doute, le 13 juillet, une enquête approfondie sur le projet de rapprochement entre Alstom et la branche ferroviaire de Siemens. Une décision qui devrait retarder la fusion et inquiète les salariés plongés dans l’incertitude.

La fusion Alstom – Siemens n’aura pas lieu… avant un an
Le futur RER co-construit pas Alstom et Bombardier. C'était avant l'annonce de la fusion.
© Alstom/Bombardier

La direction d’Alstom est particulièrement discrète sur la décision de Bruxelles qui pourrait retarder la fusion avec son concurrent européen Siemens. Elle attend le verdict qui tombera vendredi 13 juillet… comme un mauvais présage. En fait, les autorités de la concurrence européennes reprochent aux deux industriels du ferroviaire de ne pas avoir proposé de concessions avant le 6 juillet, dans les pays où leur hégémonie est trop criante.

Autant dire que cette fusion qui devait être officielle d’ici à la fin de l’année est définitivement reportée à 2019, comme l’Usine Nouvelle le mettait en garde déjà depuis plusieurs mois. D’ailleurs, lors d’un comité central d’entreprise (CCE) qui s’est tenu mi-juin, la direction avait déjà évoqué le premier semestre 2019 et l’avait confirmé publiquement.

Les deux groupes avaient sans aucun doute anticipé la décision de l’Europe. Et pourraient, après une enquête programmée pour 90 jours, attendre les remarques de l’autorité antitrust pour ajuster leur production. Cela concerne essentiellement la signalisation et le matériel roulant.

Les emplois sécurisés… en Allemagne

"Les deux industriels avaient le sentiment que toute cession pourrait entrainer une fragilité, explique un expert du ferroviaire. Franchement, je n’ai rien vu de choquant en termes de concentration qui dépasse les seuils admissibles." Pour les salariés qui s’étaient fait une raison sur cette fusion "d’égaux à égaux", - sans dépenser un denier pour Siemens, mais avec la majorité au conseil d’administration pour l’industriel allemand -, ce report n’est pas forcément une bonne nouvelle. "On ne peut pas sécuriser l’emploi", entend-on du côté des syndicats.

D’ailleurs, la garantie de l’emploi est aujourd’hui le sujet qui inquiète les salariés d’Alstom. "Nous sommes défavorisés, car nous avons la preuve que le syndicat IG Metall et Siemens ont signé un accord qui pérennise l’emploi et la production en Allemagne, dénonce Patrick de Cara, délégué syndical CFDT Alstom au siège social. En France, nous avons seulement un engagement d’Alstom et Siemens avec Bercy, un engagement du même type que celui avait été signé avec General Electric."

La CFDT compte bien demander la relance d’un plan de formation, y compris en alternance, pour préparer l’avenir et maintenir les compétences en France, en raison d’une pyramide des âges assez élevée sur les sites français, et demande de penser aux fournisseurs français. Car rien ne dit que Siemens ne favorisera pas ses compatriotes.

Un mauvais signal

Le TGV du futur - qui se fait attendre, alors que Bercy avait promis une signature de la SNCF en juin-, le renouvellement des Intercités, le Grand Paris Express sont autant de travail pour les usines d’Alstom, même s’il faudra sans doute gérer des creux de charge sur certains d’entre eux. Pour Patrick de Cara, "garantir aucune fermeture de site et départ contraint pendant quatre ans, n’empêchera pas de lancer des plans de départs volontaires." "Les problèmes de Belfort et Reichschoffen (Bas-Rhin) se posaient avant et le risque de casse sociale est limité, c’est plutôt la question de la gouvernance qui posera problème dans le futur", tempère un analyste.

Et cette enquête européenne pourrait durer un peu plus longtemps que prévu, sans parler des sites qu’il faudra sans doute céder. Le nouveau calendrier de la direction pourrait bien être repoussé au-delà du premier semestre 2019. "Cette enquête va encore retarder une fusion déjà très compliquée et envoyer un mauvais signal, car il faut marier deux entreprises avec des tailles (en considérant tout le groupe Siemens, ndlr) et des cultures très différentes, analyse un spécialiste de l’industrie ferroviaire. Il faut se rappeler que pour l’ancien PDG d’Alstom, Patrick Kron, Siemens était l’ennemi public numéro 1. On ne pouvait pas prononcer son nom devant lui. On peut aussi imaginer que cette fusion capote." Un scénario qui reste toutefois peu probable…

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