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L'Usine Santé

Le gouvernement à la recherche d'une "transition raisonnable" pour en finir avec le glyphosate

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Publié le , mis à jour le 25/09/2017 À 11H16

Le 29 août, Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique a déclaré que la France votera contre le renouvellement de l'autorisation européenne du glyphosate. Une position confirmée par le gouvernement lundi 25 septembre. En face, les fabricants de pesticides se démènent pour prolonger l’autorisation de la molécule clé des désherbants, tout en planchant sur des solutions de rechange. Le gouvernement espère arrêter sa position d'ici la fin de l'année pour établir "les conditions d'une transition raisonnable vers la sortie du glyphosate".

Le gouvernement à la recherche d'une transition raisonnable pour en finir avec le glyphosate © Euronext

La France votera contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. C'est ce qu'a déclaré Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique à Agra Presse le 29 août lors d'un déplacement en Bretagne, et ce qui a été réaffirmé par Matignon lundi 25 septembre. Soupçonné il y a deux ans par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) d’être un cancérogène probable, puis réhabilité par les autorités sanitaires européennes, le glyphosate sème toujours la zizanie à Bruxelles. La Commission européenne propose de renouveler l’autorisation de cette substance chimique pour dix ans. En 2016, Malte et la France avaient voté contre. Sept pays s'étaient abstenus de toute décision. Sans majorité qualifiée, la Commission européenne avait décidé de prolonger jusqu'à fin 2017 cette autorisation. La décision doit être prise début octobre par l'UE. 

En parallèle, en France, en matière d'usage agricole notamment "le Premier ministre a demandé au ministère de l'agriculture et de l'alimentation et au ministère de la transition écologique et solidaire de lui présenter – avant la fin de l'année et en fonction des conclusions des états généraux de l'alimentation – les conditions d'un plan de sortie du glyphosate, compte tenu de l'état de la recherche et des alternatives disponibles pour les agriculteurs", détaille Matignon dans un communiqué lundi 25 septembre. Le gouvernement arrêtera alors sa position et cherchera, avec la Commission européenne et les autres Etats membres, "les conditions d'une transition raisonnable vers la sortie du glyphosate".

En France, le glyphosate est présent dans un tiers des herbicides vendus. Il a déjà fait l’objet l’an passé d’un bras de fer entre le ministère de l’Environnement et celui de l’Agriculture, plusieurs ONG, parlementaires, scientifiques et États membres militent pour son interdiction. "Un cas d’école d’approche politique, alors qu’il n’y a aucune réserve du côté scientifique", assure Eugénia Pommaret, la directrice de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), l’organisation professionnelle française des fabricants de pesticides, qui plaide pour un renouvellement traditionnel de quinze ans.

Des alternatives existent-elles à cette molécule phare des désherbants ? Née avec le Roundup, le produit best-seller de Monsanto, elle est prisée par les particuliers et les agriculteurs du monde entier car très efficace et peu onéreuse. Or officiellement, aucun autre désherbant total n’est prêt et aucune piste à la hauteur, plaide la trentaine de fabricants qui l’exploitent en Europe. Réunis au sein de la plate-forme de lobbying Glyphosate, ils multiplient les études visant à rassurer sur cette molécule. Et insistent sur les conséquences qu’engendrerait son éventuelle interdiction, comme la chute des rendements des grandes cultures. "Avec des risques d’apparition de nouvelles résistances, car lorsque vous enlevez des outils de la palette de solutions phytosanitaires et donc de modes d’action, leur efficacité se réduit face à des maladies, des adventices ou des insectes qui évoluent", insiste Eugénia Pommaret.

Des performances difficiles à égaler

Les agriculteurs devraient-ils se contenter du désherbage mécanique et du travail du sol, comme le préconise l’ONG Générations Futures ? Pas si sûr. " Avec 10 % du chiffre d’affaires du secteur, l’effort de R & D est constant et c’est le quotidien de nos entreprises d’aller vers la recherche d’autres solutions, réplique Eugénia Pommaret. Mais il faut dix ans en moyenne pour livrer à l’agriculteur un produit qui a démontré son innocuité et son efficacité."

 Des recherches sont menées discrètement du côté du biocontrôle, ces substances naturelles sur lesquelles planchent de petites entreprises, mais aussi des géants de l’agrochimie, comme moyen de remplacer les pesticides. Tel l’acide pélargonique, une molécule sécrétée par le géranium, proposée notamment par la PME bordelaise Jade, qui l’extrait d’huile de colza. "Nous disposons d’un produit de biocontrôle pour les espaces verts, mais qui est loin d’avoir la performance des produits à base de glyphosate, estime pour sa part Denis Tardit, le président de Syngenta France. Et il n’y a pas de solution de remplacement à ce jour pour le monde agricole, surtout avec le même rapport qualité-prix." À moins qu’il ne faille miser sur la démocratisation des robots ­désherbeurs, comme Oz, ­développé par la start-up toulousaine Naïo Technologies. 

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