La France veut assurer son leadership dans la cosmétique en lançant un cluster mondial

La seconde édition du salon "Cosmetic 360" de la Cosmetic Valley s’est ouverte, jeudi 13 octobre, sous le signe de l'internationalisation. La filière française va signer vendredi avec huit clusters d'Asie et d'Europe une convention pour une coopération internationale dans laquelle elle entend bien avoir une position dominante.

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La France veut assurer son leadership dans la cosmétique en lançant un cluster mondial

A peine terminées les guerres de chapelles que la conquête internationale est lancée. Le pôle de compétitivité Cosmetic Valley a lancé, jeudi 13 octobre, la seconde édition de son salon dédié à la R&D et à l’innovation, "Cosmetic 360", avec la volonté d’en faire "un premier sommet mondial des clusters pour l’innovation en cosmétique". Deux jours d’exposition et de rencontres, inaugurés par le secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie Christophe Sirugue, et en présence de Xavier Niel, 30 pays présents ainsi que neuf clusters étrangers. Ceux-ci doivent signer vendredi 14 octobre une convention fondatrice d’un futur réseau mondial de clusters.

"Ce que Cosmetic Valley a créé à l’échelle de la France, ça marche : pour preuve, le salon compte 50% d’espace en plus et davantage d’exposants cette année, a souligné le président du pôle, Marc-Antoine Jamet, également secrétaire général du groupe LVMH. L’objectif maintenant est de créer ce partenariat au niveau mondial." Rassemblant 800 entreprises françaises implantées sur trois régions (Centre, Haute Normandie et Ile-de-France), la Cosmetic Valley a la volonté de fédérer l’ensemble de la filière cosmétique française et d’en devenir le représentant à l’échelle internationale. Poser les bases d’une coopération mondiale est donc primordial dans sa stratégie d’acteur, mais également pour la place de la France. "On n’est pas le plus grand marché ni la plus grande industrie, mais on peut faire la course en tête car la France reste une référence mondiale de la cosmétique, assure Marc-Antoine Jamet. Ne pas laisser les autres créer cette alliance, c’est assurer à la France une position de leadership."

Les Etats-Unis, le grand absent

L’enjeu est de pouvoir collaborer avec les filières d’autres pays, que ce soient en termes d’innovations ou de distribution. "Les clusters sont un relais d’informations très important : cette alliance permet d’avoir un nez et un oeil partout", justifie également Jean-Luc Ansel, le directeur général de la Cosmetic Valley. A l’origine de ce projet, celui-ci souhaite en confier la mise en œuvre à France Clusters, le réseau national des clusters et pôles de compétitivité français. Ni le calendrier ni les statuts n’ont encore été définis, mais la Cosmetic Valley pourrait proposer une présidence tournante, à laquelle la France serait, selon Marc-Antoine Jamet, "une candidate naturelle" pour la première année.

Troisième marché mondial de la cosmétique, le Japon, à travers le Japan Cosmetic Center, devrait prendre une place forte dans cette alliance. Deux autres pays d’Asie vont également signer cette convention : la Thaïlande et Taïwan. Deux clusters chinois seraient également très intéressés et ne devraient pas tarder à se joindre au mouvement, assure la Cosmetic Valley. Un point important alors que la progression des exportations de la France vers l’Asie a ralenti l’an dernier (+8%, après une hausse de 16,5% en 2014) et qu’à l’inverse les importations françaises de produits cosmétiques venant de Chine, du Japon et de Corée du Sud ont nettement augmenté. La France pourrait ainsi s'inspirer du travail de marques chinoises ou coréennes qui séduisent grâce à la pharmacopée traditionnelle.

Attirer la Corée du Sud sera sûrement la prochaine étape de ce réseau en construction, sur laquelle Marc-Antoine Jamet se dit assez confiant. Le président de Cosmetic Valley l‘est en revanche beaucoup moins sur la présence un jour des Etats-Unis, grands absents du salon. Premier marché mondial des cosmétiques et place forte des innovations avec sa Silicon Valley, les Etats-Unis sont pourtant un acteur clé du secteur. Faire sans eux sera sûrement le défi le plus difficile à relever pour ce futur réseau de clusters.

Marion Garreau

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