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La France vend sa ville durable en Chine

Solène Davesne , , ,

Publié le

Un accord avec Shenyang lors de la visite du Président chinois doit lancer un projet de construction d’une ville franco-chinoise de 10 km2 dans le nord de la Chine. 

La France vend sa ville durable en Chine © Flickr CC - Leniners

Pour apercevoir le Yangze, encore faut-il avoir de la chance. Au centre de la Chine, dans la province du Hubei, Wuhan est la plupart du temps noyée dans un épais brouillard où se dessinent les silhouettes des tours d’habitations et les bateaux qui semblent voguer sur la brume. L’air pique parfois la gorge.

C’est dans cette ville noyée par la pollution que les entreprises françaises espèrent construire l’une de leurs prochaines vitrines de la ville durable en Chine. A l’occasion de la visite du président chinois Xi Jinping à Paris, un nouvel accord de coopération devrait être signé avec les autorités locales pour construire une ville nouvelle durable franco-chinoise de 150 kilomètres carrés. Le projet de Wuhan n’est pas le seul sur lequel les Français travaillent. Un accord cadre doit aussi être signé lors de la visite de Xi Jinping concernant des projets de ville durable à Shenyang, une grande ville industrielle au nord-est de Pékin et à Chengdu. Le projet de Shenyang est de loin le plus avancé et le plus concret.  

Deux accords doivent être signés, ce 26 mars, entre les autorités locales de Shenyang et des entreprises françaises, le cabinet d’architecture Antony Béchu et Centuria capital, un spécialiste de l’investissement. Un master plan du futur quartier de 10 km2  a été commandé au cabinet. Objectif : déterminer les contours de la ville nouvelle en tenant compte dès sa conception des contraintes environnementales  et de la gestion des transports ou du traitement de l’eau. "La zone attribuée à la ville franco-chinoise est pour l’instant quasi vide. Mais les autorités locales veulent que la première tranche de 3 km2 soit développée d’ici cinq ans", explique Michèle Pappalardo, coodinatrice de Vivapolis qui fédère les entreprises françaises de la ville durable.

La France n’est pas la seule sur le créneau

Pour les entreprises françaises, l’enjeu est de taille. La Chine recherche des approches globales et des solutions innovantes dans la façon de construire une ville, qui regroupe tout autant les infrastructures, le développement de services publics, les transports urbains et l’architecture. Les projets de villes durables en Chine pourraient servir de vitrine à grande échelle des savoir-faire des grands groupes,  de Saint-Gobain à Transdev. Mais il faudra encore se montrer patient, reconnaît-on à Bercy, qui supervise le suivi des projets de Shenyang et Chengdu.  "Ces projets dépendent beaucoup du politique. Cela peut prendre longtemps et tout d’un coup s’accélérer ", confirme un industriel présent en Chine. A Wuhan, où Martine Aubry, l’émissaire du quai d’Orsay, a fait trois fois le déplacement depuis un an, la municipalité doit encore avaliser le choix définitif de l’implantation

Même si les entreprises françaises sont déjà bien implantées en Chine dans le domaine de la ville, avec près de 200 réalisations répertoriées dans 50 villes chinoises par Vivapolis, elles n’étaient pas les seules à faire valoir leur expérience auprès de Pékin. Dans les projets d’éco-quartiers, la France accuse un retard par rapport à ses concurrents suédois, allemands ou anglais. "Nous répondions en ordre dispersé jusque-là. Mais nous sommes en train de rattraper le rythme", reconnaît Michèle Pappalardo. Pour s’imposer, la France cherche désormais à présenter une offre intégrée, qui regroupe les différentes entreprises françaises le plus en amont possible. "J’en avais marre d’entendre qu’il faut faire comme les Allemands sans qu’on le fasse. L’offre française doit être adaptée à la demande mondiale et comprendre la demande du client qui n’est pas toujours sophistiquée", reconnait Nicole Bricq.

La ministre du Commerce extérieur entend désormais exporter la ville durable au-delà de la Chine. Contrairement à ce qui était prévu dans son projet initial, Nicole Bricq n’a pas réussi à mettre en place des démonstrateurs de villes vertes en France. "C’est un peu rageant, alors que les entreprises japonaises ont leur démonstrateur à Lyon, en participant au projet de quartier Confluence", regrette la ministre. Pour servir de vitrine des savoir-faire des entreprises françaises, Bercy a finalement financé deux démonstrateurs en 3D à l’étranger : le premier, réalisé par un consortium regroupant Eiffage, Egis et EDF, portera sur Astana au Kazakhstan. Le second regroupe Artelia et Veolia à Santiago du Chili. Une plate-forme doit aussi permettre aux PME de proposer leurs solutions aux deux consortiums.

Solène Davesne

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