La France va veiller sur son électricité

Face à la sécheresse et au manque de production allemande, la France va surveiller de près son approvisionnement en électricité cet été.

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La France va veiller sur son électricité

Comme annoncé le 27 mai dernier, le ministre de l’Industrie Éric Besson a officiellement inauguré le 9 juin la cellule de veille sur la sécurité de l’approvisionnement en électricité. Les parties prenantes seront le Réseau de transport électrique (RTE), EDF, GDF Suez et l’Autorité de Sûreté de nucléaire (ASN). Tout au long de l’été, un point hebdomadaire sera réalisé afin de juger de l’état électrique du réseau français et des capacités d’alimentation.

Le système électrique en France est en effet confronté à une double pression. D’une part, une sécheresse qui a abaissé la production hydraulique de 30 % en avril (En moyenne, l’hydraulique représente 12 % de la production française). D’autre part, l’arrêt de 8 réacteurs nucléaires en Allemagne depuis l’accident de Fukushima, qui a retiré environ 7 GW du réseau électrique. La France importe donc moins d’électricité d’Allemagne. En 2010, la France a exporté 9,4 TWh outre-Rhin mais a importé 16,1 TWh.

Ce dernier chiffre ne représente pas pour autant une forme de dépendance à l’Allemagne. D’une manière globale, la France, en 2010, a affiché un solde d’exportation positif de 6,7 TWh vers ses voisins. La France importe régulièrement l’énergie éolienne surnuméraire produite dans le pays pour des coûts très faibles. Depuis l’arrêt des réacteurs allemands, la balance s’est inversée et EDF a exporté pour plusieurs centaines de millions d’euros de courant vers le voisin germain.

Selon le bilan électrique pré-été de RTE, la France ne devrait pas avoir à importer d’électricité pour passer l’été… sauf en cas d’épisode caniculaire. Si les températures venaient à dépasser de 7 °C les normales saisonnières, le pays devrait diminuer sa production nucléaire et thermique afin d’éviter tout problème de refroidissement. Jusqu’à 11 300 MW pourraient être amputés (environ 10 % de la capacité française).

Dans le même temps, chaque degré au-dessus de 25 °C entraînerait une consommation de 500 MW supplémentaire dans le pays. Toutefois, même en ce cas, les capacités d’interconnexion de la France vers la plaque européenne permettraient d’importer suffisamment de courant pour pallier ce besoin, prédit le gestionnaire de réseau.

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