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L'Usine Agro

La France va tester l'étiquetage obligatoire de l'origine des viandes et du lait dans les plats cuisinés

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Publié le , mis à jour le 15/03/2016 À 07H45

Ce n’est plus qu’une question de mois désormais pour voir la mesure entrer en application. Bruxelles a donné, à la France, le 14 mars, son feu vert à l’étiquetage de l’origine des viandes et du lait sur les produits transformés. Une mesure attendue depuis très longtemps par les consommateurs et le secteur agricole français.


Des agriculteurs lors d'une opération étiquetage "Viande de nulle part" en supermarché. Crédits : Viande de nulle part

C’est une petite victoire décrochée ce 14 mars à Bruxelles par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. Trois ans après le scandale de la viande de cheval dans des lasagnes au bœuf, la mention de l’origine des viandes et du lait utilisés dans les produits transformés va enfin devenir une réalité. "La Commission européenne a donné un accord de principe à la France pour expérimenter l’étiquetage de l’origine des viandes et du lait dans les produits transformés", souligne un communiqué du ministère de l’Agriculture le 14 mars.

Devant les pressions répétées des professionnels de l’élevage français et la pétition lancée il y a quelques semaines lors du Salon de l’agriculture, Stéphane le Foll avait notifié à la Commission européenne un projet de décret, pour mener une expérimentation en France. "Ce dispositif sera bien obligatoire pour les industriels et non volontaire", assure-t-on à du côté du ministère de l’Agriculture.

Le retour des quotas laitiers

Un an après leur suppression, le 1er avril 2015, les fameux plafonds de production laitière créés en 1984 sont déjà de retour. De façon transitoire. Limités en théorie à six mois seulement, pour réduire la surproduction de lait en Europe. La mesure, décidée le 14 mars à Bruxelles, par le conseil des ministres européens sur l’Agriculture, était vivement attendue.

Peu de détails ont filtré sur les détails du dispositif, qui pourrait voir le jour sur une base volontaire. "Les modalités complètes de cette mesure doivent encore être finalisées par la Commission et j'espère que nous serons en mesure de les communiquer aux Etats membres très prochainement", a déclaré le commissaire à l’Agriculture, Phil Hogan.

L’autre mesure de nature à aider les éleveurs contre la chute des prix repose sur les niveaux d’intervention de la poudre de lait et du beurre. Ils seront doublés, respectivement à 218 000 tonnes et 100 000 tonnes.

 

La publication du décret espérée avant la fin de l’année

Mais avant la mise en place concrète de cette mesure, la France doit encore attendre la réponse écrite de la Commission européenne. "Le projet de décret a été notifiée à Bruxelles le 14 février. Ils disposent de trois mois pour nous envoyer une confirmation écrite, au plus tard au 14 mai", explique-t-on dans l’entourage du ministre. Le projet de décret devra ensuite passer par l’étape du Conseil d’Etat, qui devra vérifier la conformité du décret avec le droit français. Si tout se passe bien, le décret pourrait donc être publié avant la fin de l’année.

Entre prudence et opposition des industriels

Le gouvernement, qui semble bien décider à aller jusqu’au bout de sa démarche, devra passer outre l’opposition de certains industriels. La Fédération des industriels charcutiers traiteurs (Fict), qui a récemment quitté l’interprofession porcine Inaporc, reste fortement opposée à toute obligation. Pour son président, Robert Volut, le décret risque de nuire encore plus à la compétitivité des industriels, par le surcoût que cela pourrait représenter pour eux.

Des entreprises comme Fleury Michon et Marie, n'ont pas attendu la mesure pour inscrire l'origine des viandes utilisées sur leurs produits. De son côté, l’Association nationale des industriels de l’agroalimentaire (Ania) se veut  prudente. "Nous sommes favorables à  plus de transparence pour le consommateur, mais attention aux conséquences que cela pourrait représenter derrière. Si la mesure venait à se généraliser au niveau européen ensuite, cela pourrait pénaliser nos exportations et donc nos entreprises", explique-t-on dans l’entourage du président Jean-Philippe Girard. Une mesure à double tranchant donc pour les industriels français.  

Adrien Cahuzac

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