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La France va entamer un essai clinique sur des traitements existants contre le Covid-19

Julien Cottineau , , , ,

Publié le

Vingt projets de recherche pour lutter contre le coronavirus sont aujourd’hui soutenus par l’Etat et coordonnés par l’Aviesan. Parmi eux, un essai clinique sur 800 patients en France, destiné à tester des traitements pharmaceutiques existants et déterminer leur efficacité contre le Covid-19, doit démarrer dans les prochains jours et pourrait être décliné au niveau européen.

La France va entamer un essai clinique sur des traitements existants contre le Covid-19
Un essai clinique sera mené en France sur 800 patients du Covid-19 pour tester l'efficacité de traitements existants pour d'autres indications.
© Pixabay

Le lancement d’un essai clinique en France sur 800 patients du Covid-19, hospitalisés pour une forme sévère ou grave de la maladie, est imminent. Ce serait même une question de jours. "Peut-être pas cette semaine mais on espère vraiment en début de semaine prochaine, on attend que la réception des traitements", envisage Yazdan Yazdanpanah, directeur de Reacting, un consortium de l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan), destiné à coordonner la recherche dans le cadre d’épidémies.

L’essai sera déployé sur l’ensemble du territoire, avec une coordination centrale à Lyon, en Rhône-Alpes, et cherchera à tester des traitements existants pour d’autres indications afin de déterminer leur possible efficacité et donc leur utilisation pour le traitement des malades du Covid-19. Cet essai sera randomisé, c’est-à-dire que les traitements seront répartis de manière aléatoire chez les patients inclus dans l’essai, ce qui est caractéristique d’un essai contrôlé de ce type.

Quatre traitements distincts

L’essai n’utilisera pas de placebo. Yazdan Yazdanpanah évoque "quatre bras d’intervention". Il sera ainsi réparti en quatre traitements distincts parmi les 800 patients. L’un portant sur le traitement des symptômes avec de l’oxygène et de la ventilation; un avec l’antiviral remdesivir du laboratoire Gilead, indiqué notamment dans le traitement du virus Ebola et actuellement étudié dans le cadre d’un essai clinique aux Etats-Unis contre le Covid-19; un avec le remdesivir associé à l’interféron bêta de Merck; et le dernier avec le Kaletra du laboratoire Abbvie, utilisé dans le traitement du VIH.

Chloroquine

Ces choix sont dictés par les identifications de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’Agence européenne du médicament (EMA). L’anti-paludique chloroquine, qui a beaucoup été présenté comme un traitement éventuel du Covid-19 n’a pour le moment pas été retenu en raison d’effets secondaires et d’interactions médicamenteuses avec les traitements actuels de certains patients. Pour autant, la chloroquine pourrait être ajoutée à terme, en fonction de l’évolution de l’essai. "Cet essai sera adaptatif. Dès qu’un traitement ne marche pas, on le sort du protocole", précise Yazdan Yazdanpanah. Ajoutant que les promoteurs de l’essai seront attentifs aux autres études cliniques menées ailleurs dans le monde. Ils pourraient aussi inclure d’autres traitements si de nouvelles pistes intéressantes étaient identifiées. Des discussions sont aussi en cours pour déployer cet essai à l’échelle européenne, sur 3 200 patients, dont ceux inclus dans l’essai en France. Ni les pays concernés, ni le calendrier ne sont avancés à ce stade.

8 millions d'euros débloqués par la France

Ce projet est l’un des vingt - sur un total de trente-trois soumis par les plus grands laboratoires de recherche académique en France (CNRS, Institut Pasteur, Inserm, CEA...) - retenus par Aviesan et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. 8 millions d’euros ont été débloqués par l’Etat français et 4,6 millions d’euros obtenus de l’UE par la France pour le financement des différents projets.

Ils sont répartis en quatre catégories, dont sept en recherche fondamentale, six en diagnostic, clinique et thérapeutique, quatre en sciences humaines et sociales, et trois en épidémiologie, et menés sur tout le territoire français dans des laboratoires académiques. Les projets de vaccins n’ont pas été retenus puisque des candidats vaccins sont déjà en cours de développement et nécessitent des délais très longs. L’Institut Pasteur estimait en février qu’il lui faudrait 20 mois, par exemple, pour espérer mettre au point un vaccin contre le Covid-19.

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