La France va développer un nouveau moteur de fusée pour rivaliser avec le Starship de SpaceX
La start-up du newspace The Exploration Company indique qu’elle va démarrer, grâce à un cofinancement du CNES, le développement d’un moteur comparable au Raptor de SpaceX adapté à un lanceur super lourd et capable de réaliser des missions d’exploration spatiale.
Mis à jour
15 décembre 2023
L’après Ariane 6 est déjà engagé. En tout cas, la France s’y attelle. Avec aux avant-postes, la start-up franco-allemande The Exploration Company. La société indique qu’elle va démarrer le développement d’un nouveau moteur de fusée de forte poussée, en bénéficiant d’un cofinancement du CNES.
Il s’agit d’un moteur oxygène méthane, avec un cycle de combustion étagé…soit une technologie similaire à celle mise en œuvre sur les moteurs Raptor qui propulsent le Starship de Space X. «Le contrat avec le CNES a été signé. Nous partageons les coûts», précise à L’Usine Nouvelle, Hélène Huby co-fondatrice de The Exploration Company. Baptisé Typhoon, ce moteur réutilisable pourrait devrait être opérationnel vers 2030. Les montants engagés sont confidentiels.
Grâce à ce type de moteur, l’Europe serait alors capable d’envisager le développement de lanceurs dits super lourds, capables d’emmener sur orbite plusieurs dizaines de tonnes d’équipements. De quoi permettre aux Etats européens d’être positionnés sur les marchés des grandes constellations et de l’exploration spatiale. Le moteur offrira une poussée d’environ 200 tonnes, soit environ le double du moteur réutilisable Prometheus, programme de démonstrateur de l’Agence spatiale européenne (ESA) et dont ArianeGroup est le maître d’œuvre.
Des ruptures technologiques dans des domaines clés
Pour arriver à développer un tel système de propulsion, des ruptures technologiques sont attendues dans les domaines clés du moteur notamment la chambre de combustion et les turbo-pompes. Avec des équipes à Bordeaux (Gironde), Munich et bientôt Turin, la start-up mobilise pour l’instant une petite équipe d’experts des systèmes de propulsion.
Elle compte faire appel à d’autres partenaires industriels dans les prochains mois. L’argent issu du cofinancement avec le CNES, restera 100% en France, indique la start-up qui entend toutefois avoir des activités en Italie et en Allemagne qu’elle financera par elle-même.
Au-delà de ce projet, The Exploration Company développe une navette spatiale réutilisable capable de transporter du fret vers les futures stations spatiales. Un premier démonstrateur devrait voler cette année. Avec un effectif d'environ 115 salariés, la société a levé 40 millions d’euros en février dernier, soit l’une des plus grosses levées de fonds de la part des sociétés du newspace en Europe.
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